Deux artistes, Sophie d’Ansembourg et Christopher de Béthune, exposent ensemble en un dialogue qui claque pas mal chez Alice Gallery. Des fleurs, des couleurs, des photos citadines et du noir et blanc. A savourer sans modération.

Sophie d’Ansembourg peint des fleurs. Fleurs coupées, fleurs abstraites ou enfantines, un peu déformées, parfois brutes. Aplats de couleur, formes simples, tiges fragiles. Petits vases ingénus. Sophie d’Ansembourg peint des fleurs et c’est tout. Toutes les fleurs. Celles qu’elle croise quand elle va de sa maison à son atelier. Celles qu’elle a dans la tête et qui lui font comme une couronne de pensées douces. Ses fleurs sont toutes différentes. Elles portent chacune une émotion, une humeur bien précise, celle qui a prévalu à leur naissance sur la toile. Il y a un peu de Séraphine de Senlis dans ces toiles colorées.

Derrière cette ingénuité, cette naïveté assumée, se cache une volonté de créer chaque jour, continuellement, courageusement, avec bonheur, sans autre but que de déposer sur la toile la charge de sentiments et de pensées qui habitent le cœur et la tête de cette artiste. Peindre ne doit pas toujours être une quête angoissée dans l’univers impitoyable qu’est le monde contemporain. La peinture ne doit pas toujours être l’étendard hurlant d’une injustice ou d’un drame social ou intellectuel. Peindre pour peindre, quel courage ! Alors, soudain, au détour d’un nouveau bouquet, apparaît la force, celle de la création que rien n’arrête, celle qui rend heureux.

Christopher de Béthune est photographe. Il dessine le portrait des villes qu’il traverse à coup de noir et blanc, d’un grain sablonneux et d’un flou bien entretenu. Ici présentées sous forme d’impressions grand format directement collées au mur, ses photographies donnent un profil sans concession des rues, des bâtiments de la cité. Sombres sont les murs, sombres les personnages qui les longent. Quelques traits de lumière rayent la surface. Le négatif lui-même est parfois rayé, enlevant la matière, faisant apparaître le blanc du vide, de l’absence. Ce n’est pas dur, pourtant. Plutôt mélancolique. Il pleut, la ville est triste et elle ne s’en cache pas. Elle déploie sans complexes ses perspectives bousculées, les visages flous des passants.

Mises ensemble, les œuvres des deux artistes claquent, se ponctuent et rythment les murs de la galerie, autant que la valse des sentiments qui nous traversent, nous visiteurs.

Sophie d’Ansembourg
Christopher de Béthune
Alice Gallery
4 rue du pays de Liège
1000 Bruxelles
Jusqu’au 28 octobre
Du mercredi au samedi de 14h à 18h
www.alicebxl.com

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Sophie d’Ansembourg, Alice Gallery, courtesy l’artiste et Alice Gallery

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Sophie d’Ansembourg et Christopher de Béthune, Alice Gallery, courtesy les artistes et Alice Gallery

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Sophie d’Ansembourg, Alice Gallery, courtesy l’artiste et Alice Gallery

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Sophie d’Ansembourg, Alice Gallery, courtesy l’artiste et Alice Gallery

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Sophie d’Ansembourg, Alice Gallery, courtesy l’artiste et Alice Gallery

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Sophie d’Ansembourg, Alice Gallery, courtesy l’artiste et Alice Gallery

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Sophie d’Ansembourg et Christopher de Béthune, Alice Gallery, courtesy les artistes et Alice Gallery

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