Un coup de dés jamais n’abolira le hasard ! Le titre de l’œuvre emblématique de Mallarmé, publiée quelques mois avant sa disparition en 1889, donne le ton du Festival Némo, rendez-vous incontournable des arts et de la création numériques institué en biennale depuis 2015. Les dés furent lancés début octobre au Trianon, à Paris, pour six mois de spectacles, d’expositions et de réflexion qui mettent en jeu les interactions entre l’homme et la machine, le son, l’image et le code dans plus d’une soixantaine de lieux de la région Ile-de-France. La programmation en est dense, laissant peu de blanc sur les pages du calendrier. Mais l’histoire, comme chacun sait, se construit au hasard des accidents de parcours. Voici quelques détours possibles.

En ouverture de cette biennale, dont les 130 événements associés se déploient jusqu’en mars 2018, l’artiste performeur et vidéaste Pascal Lièvre propose aujourd’hui, dès 18h40 au Trianon, de nous mettre au diapason : en guise d’apéritif avant une déferlante de concerts audiovisuels proposés par Julien Desprez, Jean-Baptiste Cognet, Seb Brun et Ben Frost, il nous convie à un aérobic philosophique en toute sérendipité. Le terme, qui emprunte au jargon scientifique l’idée d’une découverte fortuite issue d’une toute autre recherche menée avec sagacité, est le fil d’Ariane de la biennale : des rendez-vous réguliers ouverts au Maif Social Club, rue de Turenne à Paris, nous en donneront des illustrations quelque peu surréalistes.

Retour au corps !

Cependant, à l’heure où les data centers anticipent la gestion de nos flux et les caméras de surveillance la normalisation de nos mouvements, l’idée de sérendipité donne lieu à des débats bien plus larges, tels que celui intitulé « Le numérique est-il un humanisme » (au collège des Bernardins, le 16 novembre), ou à 36 heures de discussions art-science performées (Nous ne sommes pas ce que nous croyons être, du 2 au 3 février à la Cité internationale des arts), menées par l’auteure de science-fiction Ursula Le Guin et tendues vers des futurs positifs, plutôt que sous le joug de la dystopie dont nous avons assez soupé ! Cette idée de projection dans un futur hybride à (re)construire ensemble est également mise en scène dans le troisième volet d’une exposition sur l’altérité à La Maison Populaire de MontreuilL’Autre… De l’image à la réalité 3/3 : L’Autre Nous, présentée jusqu’au 9 décembre. Mais de quel autre s’agit-il au juste ? (…)

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Medias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article sur www.artshebdomedias.com

nemo

Aglaé Bory, Sans objet, Théâtre Saint Quentin en Yvelines, (c) Aglaé Bory

nemo

Kate Hinde, Piano Migration, exposition Les faits du hasard au Centquatre, (c) Katy Hinde

nemo

Lucy + Jorge Orta, Nexus Architectures X 25 – Nexus Type Opera.tion, 2001, Exposition L’Autre… De l’image à la réalité 3/3 : L’Autre Nous

nemo

David Rothenberg, In zodiac

nemo

Caty Olive et Laurent Friquet, Light show, Association Le Cyclop cnap, photo Regis Grman

nemo

Magali Daniaux & Cédric Pigot, The diluted Hours, Come Hell and High Water, 2017

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.