Encore deux semaines pour découvrir au MAAC – Maison d’Art Actuel des Chartreux, l’exposition de Frédéric Penelle qui signe la fin de sa résidence en ces lieux. Nous avions découvert Frédéric Penelle via son installation dans la petite foire d’art contemporain Slick, installée en avril 2012 à Bruxelles. Puis à l’Iselp et enfin au Centre de la Gravure et de l’Image imprimée.

Frédéric Penelle a toujours voulu sortir la gravure de ses limites factuelles, les bords du papier. Il arrive aujourd’hui à de véritables installations murales ou occupant tout l’espace, mêlant gravures, images récupérées, vidéos, éclairages, vidéo-mapping. Maniant toujours uniquement le noir sur fond blanc – référence à l’encre de la gravure, il déploie une imagerie à la fois ludique, avec de nombreux éléments mobiles, et déroutante, par le choix des sujets qu’il traite.

Dans la grande salle du MAAC, une spectaculaire installation occupe tout un pan de mur et une petite estrade à l’avant. Les motifs se sont échappés de l’image, puisque certains sont accrochés à l’avant, petites passerelles portant l’un ou l’autre personnage. D’autres sont posés sur l’estrade, devenus presque comme les héros d’un dessin animé à la Picpic & André. Derrière l’aspect joyeux et ludique, fondamental dans le travail de l’artiste, se dessine un paysage qui frôle le tragique et le menaçant.

Né en 1973 à Bruxelles, Frédéric Penelle commence un premier cursus en illustration graphique à l’ERG, avant de s’inscrire à La Cambre-ENSAV d’où il sort diplômé de l’atelier de gravure en 1999. Ensuite, il sera tour à tour soudeur, encadreur, scénographe, régisseur d’exposition, animateur, graphiste, maquettiste et, actuellement, il enseigne à l’École des Arts d’Ixelles. Une première rupture dans son processus de travail survient en 2005, lorsqu’il commence à utiliser des images issues de l’histoire de l’art, de la mode, des sciences ou des médias. « Assumer de travailler d’après des photos ou des images préexistantes m’a aussi permis d’accepter des éléments figuratifs, ce qui s’éloignait totalement de mon mode fonctionnement. A cette époque, j’avais aussi la frustration immense d’être enfermé dans la feuille de papier. L’envie de couvrir des murs et de travailler dans de plus grandes dimensions me taraudait. La solution a été de découper dans le papier, pour ensuite l’agrandir en passant par la photocopie », explique-t-il.  Une première grande fresque sera créée pour le Botanique en 2006.

En 2011, sa rencontre avec Yannick Jacquet, vidéaste et membre du collectif AntiVJ, marque le début d’une intense collaboration artistique qui voit naître le projet Mécaniques Discursives. En quelques années, ils écument les festivals d’arts numériques avec plus de 40 expositions à travers le monde. Comme une parenthèse entre deux époques, Mécaniques Discursives confronte la plus ancienne méthode de reproduction d’image aux techniques les plus contemporaines de création numérique.

Dans les autres salles, la gravure sort une nouvelle fois de son cadre, devenant réseau de personnages et motifs qui s’étend sans complexe en largeur et en hauteur sur le mur blanc. Poésie, drôlerie, expressionnisme, élégance graphique, narrations absurdes sont au rendez-vous. Mu aime !

MAAC – Maison d’Art Actuel des Chartreux
26 rue des Chartreux
1000 Bruxelles
Jusqu’au 28 octobre
Du jeudi au samedi de 14h à 18h
www.maac.be

Frédéric Penelle

Frédéric Penelle, vue de l’exposition au MAAC – Maison d’Art Actuel des Chartreux

Frédéric Penelle

Frédéric Penelle, vue de l’exposition au MAAC – Maison d’Art Actuel des Chartreux

Frédéric Penelle

Frédéric Penelle, vue de l’exposition au MAAC – Maison d’Art Actuel des Chartreux

Frédéric Penelle

Frédéric Penelle, vue de l’exposition au MAAC – Maison d’Art Actuel des Chartreux

Frédéric Penelle

Frédéric Penelle, vue de l’exposition au MAAC – Maison d’Art Actuel des Chartreux

Frédéric Penelle

Frédéric Penelle, MAAC – Maison d’Art Actuel des Chartreux

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