White Circle a élu domicile dans les anciens espaces d’Aeroplastics. Dans cette belle maison de maître, White Circle entend exposer des artistes qui travaillent sur le lien entre humain, nature et technologie. Pour sa troisième exposition, l’art space présente le travail de Caspar.

White Circle se donne comme mission de collaborer avec des artistes qui font intervenir la technologie dans leur travail, soit comme outil de création, soit comme sujet de réflexion, soit en mêlant les deux. Durant une année, Caspar a photographié l’immeuble Citroën à Bruxelles. Soutenu par le mécénat d’Atenor, il a pu arpenter en long et en large ce bâtiment aujourd’hui au centre de tous les débats à propos d’un possible musée d’art contemporain dans la capitale européenne.

Aux cimaises, immenses compositions automorphiques construites en répétant les motifs et détails architecturaux captés par la photographie, ainsi que des vidéos qui, elles aussi, font faire une petite danse à une structure métallique, une verrière ou autre détail. Le ciel, l’eau sur l’asphalte et ses reflets, les néons, les larges tubes en métal brillant pour l’aération, un boulon, des lettrages sur les vitrines, tout est motif à… motifs.

« Mes œuvres inspirées par le garage Citroën sont un révélateur de l’emblématique bâtiment et constituent de fait une sorte de miroir esthétique et social d’un point cardinal en devenir de la ville de Bruxelles. Travailler simultanément avec cet espace au cœur des flux urbains et la fonctionnalité qu’il revêt est l’enjeu je souhaite aborder. (…) Mon approche est transversale, conjuguant des considérations ayant trait aussi bien aux domaines technique , esthétique et sociologique « , explique l’artiste.

L’intuition de ce travail par motif répété lui est venue à Pompéi en observant les mosaïques romaines, faites, en effet, de petits éléments répétés, comme des pixels. Au départ peintre, Caspar utilise aujourd’hui la photographie comme un large pixel qu’il positionne de différentes manières, pour créer des rhizomes à l’éclat étonnant. La répétition, le recoupement, l’altération, le passage du détail au gros plan, toutes ces procédures sont aujourd’hui les outils qu’il utilise. Ainsi, avec la photographie et la transformation de l’image par ordinateur, il crée des images qui prennent un aspect presque organique, floutant la frontière entre géométrie architecturale et impétuosité organique.

De mai 2018 à mai 2019, lors de la préfiguration du musée en collaboration avec le CIVA et sous la tutelle d’Yves Goldstein, sera présentée la partie photographique du travail de Caspar, c’est-à-dire ses clichés non transformés pris à l’intérieur de ce beau bâtiment moderniste.

Caspar
Paradigm(e)
White Circle
32 rue Blanche
1060 Bruxelles
Jusqu’au 31 octobre
Du mercredi au samedi de 14h à 18h
http://paradigm-e.com/

Caspar

Caspar, Automorphisme #106, courtesy l’artiste et White Circle

Caspar

Caspar, Automorphisme #121, courtesy l’artiste et White Circle

Caspar

Caspar, Automorphisme #130, courtesy l’artiste et White Circle

Caspar

Caspar, Automorphisme #145, courtesy l’artiste et White Circle

A propos de l'auteur

Muriel de Crayencour

Rédactrice en chef et journaliste
"On écrit bien sur ce qu’on aime. J’aime admirer des œuvres. Chaque artiste ouvre sur notre humanité, notre universalité. Cela me touche à chaque fois. Plus j'en découvre, plus mon appétit pour l’art augmente et mon oeil s'exerce ... Plus je ressens l'art, plus je comprends l’humain."
Muriel de Crayencour est journaliste et plasticienne. Elle a rédigé des chroniques, critiques et reportages sur les arts visuels durant 5 ans dans L'Echo. Elle est journaliste culture pour M... Belgique Elle a créé le magazine Mu in the City en janvier 2014.

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