La Galerie Templon a fêté ses 50 années d’existence en 2016. Commémoré par plusieurs publications, cet anniversaire a mis en lumière la traversée extraordinaire dans l’histoire de l’art contemporain que Daniel Templon a faite durant toutes ces années. Pour la suite de ce voyage, il a embarqué avec lui depuis 3 ans son fils Mathieu Templon, aujourd’hui à la tête de l’antenne belge de la galerie.  A l’occasion de la rentrée des galeries et du Brussels Gallery Weekend qui s’annonce, portrait de ce jeune galeriste, deuxième génération, dont la vision et les idées sur son travail sont éclairantes.

Mathieu Templon est né en 1986 à Paris. Daniel m’a emmené partout depuis que je suis tout petit (Mathieu appelle son père par son prénom – ndlr). Avec lui, j’ai fait le tour du monde des musées, des galeries, des ateliers d’artistes… C’est à travers ces voyages que mon père m’a transmis sa passion. J’étais souvent à ses côtés quand il parlait aux artistes ou quand il négociait avec des galeries étrangères. Vers 20 ans, je suis parti à New York pour effectuer des stages chez Metro Pictures et chez David Zwirner. Après avoir fait des études de droit et une école de commerce en France, je suis reparti à New York pour travailler pendant près de 3 ans pour la Sean Kelly Gallery. Puis, en septembre 2015, je suis venu m’installer en Belgique pour reprendre la direction de la galerie de Bruxelles.

Pourquoi la galerie Templon a-t-elle ouvert un espace à Bruxelles ?

Nous avons décidé d’ouvrir une galerie à Bruxelles parce que la plupart de nos artistes n’étaient pas représentés en Belgique. Il y a ici un public averti et d’excellents collectionneurs. Les collectionneurs belges sont de vrais connaisseurs, ni frileux ni conservateurs, qui savent se montrer audacieux dans leurs choix et soutenir la scène émergente. C’est également une ville qui bénéficie d’une riche scène artistique. 

La galerie participe-t-elle à des foires ?

Nous participons à 12 foires par an ! Art Basel, la FIAC, l’Armory Show à New York, Art BrusselsArt GenèveArt Basel Hong KongArt Dubai, etc. Le marché de l’art est aujourd’hui globalisé et les foires ont pris de plus en plus d’importance. On ne peut pas attendre que les gens viennent nous voir à la galerie. Les foires nous permettent de faire connaître le travail de la galerie et défendre nos artistes à travers le monde. Elles nous donnent aussi l’occasion de rencontrer de nouveaux collectionneurs, de nouer de nouveaux contacts, de découvrir et de suivre des artistes… 

Concrètement, la Galerie Templon, c’est qui ?

La Galerie Templon, c’est 20 personnes à plein temps qui organisent près de 20 expositions par an et défendent une quarantaine d’artistes contemporains internationaux. 

Quel est votre rapport avec votre père ?

Nos rapports ont toujours été très bons, ce qui facilite notre collaboration. Quelques centaines de kilomètres nous séparent, mais nous nous parlons quotidiennement et discutons de tout. Nous voyageons encore beaucoup ensemble à la rencontre de nos artistes, lors des foires et des manifestations culturelles aux quatre coins du monde. Je continue à apprendre de lui tous les jours.

Qu’apportez-vous à la galerie ?

J’ai un héritage formidable. J’ai envie de le partager et de continuer l’aventure entreprise par Daniel. Mais j’essaie également d’amener un regard nouveau. J’accorde donc une importance primordiale aux voyages. Je m’efforce de tout voir et d’être de tous les évènements qui rythment le monde de l’art contemporain.

Mon but à Bruxelles est bien sûr de continuer à défendre le programme de Paris, mais également d’introduire un peu de nouveauté. Nous avons ainsi pu présenter, lors des deux dernières années, un group show sur l’influence de l’Afrique dans l’art contemporain et organiser les premières expositions à la galerie de jeunes artistes comme Omar Ba et Prune Nourry.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ? A nouveau à New York ?

Il y a beaucoup de travail à faire ici à Bruxelles, mais aussi à Paris, pour renforcer notre statut de grande galerie européenne. Je veux continuer à travailler avec Daniel, entre Paris et Bruxelles. Aujourd’hui, la compétition est énorme. Le nombre d’artistes et de galeristes importants a été multiplié par dix lors des vingt dernières années. Les foires qui comptent sont de plus en plus nombreuses. Il y a aussi la concurrence des maisons de vente. Le marché de l’art est devenu plus sérieux et plus complexe, mais il présente également plus d’opportunités. Je pense donc que, plutôt que de se disperser, nous devrions nous développer dans les années qui viennent sur la France et la Belgique. 

Que préférez-vous dans tout ce travail ?

Mon plus grand plaisir est de travailler avec les artistes et d’organiser avec eux des expositions. Mais j’aime également les rencontres enthousiasmantes que nous pouvons faire à travers la galerie. Le monde de l’art contemporain est rempli de gens passionnants qui viennent d’horizons très différents comme les artistes, les conservateurs de musées, les collectionneurs, les journalistes… Le métier de galeriste est difficile, mais il est formidable par sa diversité. Nous ne sommes pas seulement des marchands d’art. Etre galeriste, c’est organiser des expositions, défendre des artistes, s’occuper de la presse et des relations publiques, trouver des expositions de musées pour nos artistes, placer leurs œuvres dans de bonnes collections, et, bien sûr, vendre.

www.templon.com

mathieu templon

You go to my head, installation view, 2016, Galerie Templon

Mathieu Templon

Prune Noury, Contemporary Archeology, installation view, 2017, Galerie Templon

Mathieu Templon

Portrait de Mathieu Templon

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