Pour ceux qui démarrent aujourd’hui, revue de nos coups de cœur du Brussels Gallery Weekend et d’Art on Paper. Une fête de l’art se doit d’être généreuse et celle-ci est riche en surprises et en belles découvertes.

Le Brussels Gallery Weekend

Le parcours des galeries fête ses 10 années d’existence. 41 galeries et quelques merveilles. Chez Albert Baronian, l’expo bien nommée Artemisa présente cinq femmes peintres qui déploient couleurs vives sur grands formats. Chez Rodolphe Janssen, somptueuses toiles, délicates, narratives, symbolistes, de l’Iranienne Sanam Khatibi. En face, ça pulse avec les œuvres de Kendell Geers qui expose aussi chez Didier Claes.

On ne manquera pas le subtil dialogue entre Hans Bellmer, Sascha Braunig et Matthew Ronay chez Office Baroque : formes organiques, morcelées, souples et étranges. La présentation par Tracey Emin elle-même de son exposition dans les deux espaces de la Galerie Xavier Hufkens fut un moment fort et émouvant, tant cette artiste puissante est à vif et parle sans aucun frein de son travail cathartique. Félix Frachon présente une artiste indienne, Ratna Gupta, et dans son deuxième espace, une très belle découverte, Dimitri Fagbohoun, qui travaille à partir de ses racines africaines et de l’histoire de l’art de ce continent.

Hopstreet offre une très belle exposition de Tinus Vermeersch, avec ses toiles travaillées à l’huile comme un maître ancien et ses sculptures dont certaines à la feuille d’or. Son exposition de petit dessin à l’encre sépia à Art on Paper est magnifique elle aussi.

On a découvert enfin les splendides espaces de la Galerie de la Béraudière, qui présente les photographies de William Klein qu’on avait pu voir au Botanique en janvier de cette année. Chez Templon, Jitish Kallat fait travailler le vent et le feu sur de grands papiers. Très poétique.

Franck Scurti crée à partir de matériaux récupérés qu’il trouve sur son chemin vers l’atelier. Un jour, un énorme panneau publicitaire lui est presque tombé sur la tête. Il l’a ramassé et découpé en plusieurs morceaux qui servent de toile de fond pour ses peintures de nuages. Chez Michel Rein.

Thu Van Tran, vue à la Biennale de Venise 2017, est chez Meessen De Clercq, diaphane recherche sur Saïgon et son passé colonial. Les immenses œuvres de Daniel Boccato, chez Sorry We’re Closed, sont magistrales et légères à la fois. Ce qui fait leur beauté.

Chez Keitelman, extraordinaire série de photographies de la comtesse de Castiglione, qui fut espionne, maîtresse de Napoléon III, et qui se fit prendre en photo durant 40 ans par Pierre-Louis Pierson. Une sorte d’ancêtre narcissique de Cindy Sherman, qui finit dans la pauvreté. Ses photographies furent vendues à sa mort à un admirateur, qui les sauva de la disparition.

Bien évidemment, toutes ces expositions courent au moins jusque début octobre, ce qui vous donne le temps de les voir toutes.

Art on Paper

C’est une très belle édition d’Art on Paper, cette année. Voici les petites gouaches sur papier de Robert Devriendt chez Baronian, les cartes géographiques rehaussées au fil par Cathryn Boch à la Galerie Papillon, les encres de Raphaël Zarka, chez Michel Rein. Archiraar est une galerie qui présente très souvent des œuvres sur papier. Sa place est bien évidemment aussi à Art on Paper, cette année avec les propositions abstraites d’Elodie Huet. Délicates petites encres de Lise Duclaux mais aussi ses sérigraphies chez LMNO.

Remarquables dessins et assemblages de Laetitia De Chocqueuse chez Dauwens & Beernart Gallery. Nadja Vilenne présente l’artiste britannique John Murphy et ses gouaches sur des gravures de Tiepolo, mettant en valeur certains éléments sélectionnés. Mais encore les encres sur papier de Lawrence Power chez Balzer Projects.

L’ensemble tient vraiment bien la route. L’espace a été repensé et la circulation est plus aérée et agréable que l’année passée.

Ailleurs

Au Rivoli Building, notons les grands formats baroques et dégoulinants – toujours aussi formidables – de Jan De Vliegher chez Zwart Huis, ainsi que l’accrochage avec cinq artistes de sa galerie de Jacques Cérami, le galeriste carolo qui a déménagé pour un mois à Bruxelles.

Catherine Jozsa présente une nouvelle artiste, hollandaise, Marie Hendriks, qui raconte en plusieurs œuvres – dessins, vidéos, installations – la rencontre amoureuse entre son grand-père et sa grand-mère. A la Galerie Particulière, place du Châtelain, une exposition du photographe Stéphane Couturier qu’on avait pu découvrir au Musée de la Photographie de Charleroi. Ses clichés sont des portraits retravaillés de façades d’immeubles, qui racontent une histoire entre réalisme et abstraction géométrique. Chez White Circle, rue Blanche, le photographe Caspar a composé des œuvres ultragraphiques à partir de photos prises dans le bâtiment Citroën à Bruxelles. Mais encore, une jeune artiste japonaise chez Mathilde Hatzenberger, Yoshie Sugito, qui dessine au vernis à ongles des sujets à la fois féminins et sensuels. Chez Faider, Jedd Novatt présente encres et sculptures.

Et bien d’autres choses encore dont nous vous parlerons en détail dans les jours qui viennent.

http://www.artonpaper.be/
brusselsgalleryweekend.com/

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