Pour un mois et peut-être plus, la galerie carolo Jacques Cérami a installé ses pénates à Bruxelles, au Rivoli Building. Une belle occasion pour les Bruxellois de découvrir une sélection de cinq artistes de la galerie.

Commençons par une grande toile de Michaël Matthys (1972), qui peint avec du sang. Pas le sien. Ici avec du sang de bœuf et du charbon de bois. Deux hommes sont assis à table, des restes de repas devant eux. Ils semblent au bout d’une longue conversation, peut-être douloureuse. Leur visage est presque effacé. Un nez de clown rouge vif a été ajouté sur chacune de ces faces de fantômes. Derrière eux, quelques tableaux aux murs et une fenêtre. Les bords de la toile, à vif, sont barbouillés d’une matière rougeâtre, du sang séché. L’œuvre a une force narrative importante. Image arrêtée, effet photographique mais aussi puissance expressionniste. Michaël Matthys est peintre, graveur et auteur de bandes dessinées. C’est sans doute de ce dernier savoir-faire que lui vient le talent de raconter des histoires en une seule case, celle de la toile. C’est ce même artiste dont une œuvre est installée dans le parcours Art Public de Charleroi, dont nous vous parlions il y a quelques jours ici.

Jacques Cérami représente aussi le photographe Vincen Beeckman (1973), que l’on a pu voir dernièrement à la Fondation A. A voir, une série de sept portraits.

Penchez-vous avec attention sur les photographies en noir et blanc de paysages d’Iris Hutegger (1964). Aucune trace de construction ou de personnages. Pourtant, ici et là, la photo semble marquée de quelques éclats de couleur. C’est du fil. L’image est rehaussée au fil à coudre. Broderies presque invisibles, altérations autant que reliefs de coton, ce travail manuel, lent, emmènent la photographie dans le chant de la poésie, du rêve et de la délicatesse. Il fait œuvre. « Regarder le paysage, c’est regarder l’immensité, loin de soi-même. Le regard est défini par la distance, l’immensité et la profondeur. Sans distance, le paysage disparaît. La distance sépare mais en même temps elle révèle la vue« , écrit l’artiste.

Michel Couturier (1957) est photographe, vidéaste et dessinateur. A voir ici, gracieusement installés dans les vitrines, ses longs totems tracés en noir ou en or sur de grands papiers, profils de réverbères issus de ses photos, qui deviennent bâtons sacrés, flèches empoisonnées ou étendards mystérieux.

Galerie Jacques Cérami
Rivoli Building #43
690 chaussée de Charleroi
1180 Bruxelles
Jusqu’au 30 septembre
Du jeudi au samedi de 14h à 18h
www.galeriecerami.be/

Jacques Cérami

Michel Couturier, courtesy Galerie Jacques Cérami

Jacques Cérami

Iris Hutegger, courtesy Galerie Jacques Cérami

Jacques Cérami

Michel Couturier, courtesy Galerie Jacques Cérami

Jacques Cérami

Michaël Matthys, Série déjà Mort, 2014, courtesy Galerie Jacques Cérami

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