Quand une petite foire possède toutes les qualités d’une grande, il est normal que Mu in the City vous en parle ! Art-O-Rama est un salon international d’art contemporain qui a lieu chaque année à Marseille. Si les foires sont omniprésentes dans le paysage de l’art contemporain, elles génèrent souvent une sensation de déjà-vu. Il en est, heureusement, qui sortent du lot. Ainsi, la visite de cette édition d’Art-O-Rama se révèle une expérience précieuse. De petit format (elle compte cette année une vingtaine d’exposants), elle n’en est certainement pas négligeable pour autant.

Ouvrant la saison artistique, la foire s’inaugure chaque année le dernier week-end d’août. Elle possède une particularité unique puisqu’elle se transforme, après trois jours d’effervescence joyeuse, en exposition. Vous avez jusqu’au 10 septembre pour découvrir les propositions imaginées avec passion par les galeristes et sélectionnés avec une grande intelligence par un comité de sélection des plus pointus. Chaque stand est un projet mûrement réfléchi, soit par sa thématique, soit par l’attention portée à l’accrochage monographique. À Art-O-Rama, les galeristes osent. L’atmosphère est détendue. Ici, on prend le temps de parler en profondeur des œuvres. Par sa dimension, la foire permet de ressentir ce sentiment réconfortant de pouvoir prendre le temps.

Quelques coups de cœur de l’édition 2017

Les très beaux stands ne manquent pas avec celui de la Parisienne Marcelle Alix (superbes sculptures de la Canadienne Liz Magor et très intrigantes peintures d’Ernesto Sartori), celui des Bruxellois Messen-De Clercq, unique galerie belge de cette édition avec un stand où se rencontrent les œuvres de Nicola Lamas, Thu Van Tran et Jorge Mendez Blake. Ellen de Bruijn propose notamment deux belles œuvres de Dora Garcia, dont un ensemble de lettres renvoyant à une hypothétique missive écrite par Joyce à Ibsen. Le premier ayant appris spécialement pour l’occasion le norvégien, afin de s’adresser au second qu’il vénérait. Le stand de la galerie roumaine Baril propose de souligner la dimension picturale de l’œuvre de la jeune et talentueuse Espagnole Cristina Garrido, avec notamment sa série des tote bags. Ces sacs de toile que l’on retrouve régulièrement offerts aux VIP des foires ou dans les art shops des musées. Elle les utilise comme toiles, créant en somme un ready-made pictural.

La galerie berlinoise Daniel Marzona propose une installation de l’artiste géorgien Vajiko Chachkhiani (il représente actuellement son pays à la Biennale de Venise) oscillant entre poésie de l’absence et dramatisation du quotidien. Des fantômes de tableaux de lampes qui se rapprochent étrangement d’un tapis. Un geste fort, particulièrement dans une foire. Découverte chez le Polonais Dawid Radziszewski de la jeune Katarzyna Przezwańska, née en 1984, et de ses éléments naturels peints qui composent des sculptures d’une malice réjouissante.

Soulignons la grande qualité du secteur édition – qui fait un retour très appréciable dans l’espace principal de la foire. Une certaine forme de malice y domine. MFC – Michèle Didier avec un stand où s’entrecroisent la poésie conceptuelle d’un Robert Barry et l’engagement drôle, mordant mais bien nécessaire des féministes Guerrilla Girls. La Galerie de multiples, espiègle, rassemble au sein de sa production des éditions d’un genre particulier puisqu’elles ont toutes la particularité d’être à chaque fois différentes. En somme, des multiples uniques ! Christophe Daviet-Thery pose un regard amusé et vif sur les jeux du monde de l’art (avec Tim Hollander et Cristina Garrido). La contribution de We do not work alone propose un panorama de ses deux années d’existence. Cette maison d’édition d’objets usuels pensés par des artistes a confié la mise en espace de son stand à Benoît Maire, accompagné par le photographe Julien Carreyn. Les éditions sont présentées sur un grand papier peint photographique évoquant une société nudiste dadaïste, amateurs enchantés de l’usage des différents objets édités.

Une chose est certaine, si, cette saison, toutes les foires pouvaient rassembler autant de propositions subtiles et variées, notre année serait fantastique. Réservez déjà vos billets pour les éditions prochaines de cette pépite !

http://art-o-rama.fr/

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Stand We do not work alone (Paris), Art-O- Rama 2017, photo Christophe Veys

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Vue de l’installation de Vajiko Chachkhiani sur le stand de Daniel Marzona (Berlin) Art-O- Rama 2017, photo Christophe Veys

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Vue du stand Marcelle Alix (Paris), œuvres d’Ernesto Sartori, Art-O- Rama 2017, photo Christophe Veys

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Liz Magor chez Marcelle Alix (Paris), Art-O- Rama 2017, photo Christophe Veys

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Vue partielle du stand Messen-De Clercq (Bruxelles) avec des œuvres de Jorge Mendez Blake, Art-O- Rama 2017, photo Christophe Veys

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Stand We do not work alone (Paris), Art-O- Rama 2017, photo Christophe Veys

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Vue partielle du stand :Baril (Cluj) avec des œuvres de Cristina Garrido, Art-O-Rama 2017, photo Christophe Veys

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