L’Allemagne célèbre 500 ans de Réforme, en montrant l’œuvre d’un peintre proche de Luther, Lucas Cranach I. Il fut témoin du mariage de Luther avec Katharina von Bora. Ses portraits du couple infernal sont accrochés au Museum Kunstpalast à Düsseldorf, à côté d’œuvres moins offensantes – selon la vision de Rome… 

La peinture d’inspiration religieuse était primordiale à l’époque. La Renaissance permettait un regard plus pertinent, plus réaliste, même s’il n’y a pas eu de Brueghel en Allemagne. Toutefois, Cranach participe au réalisme. Ses nombreux portraits montrent une observation parfois très minutieuse. Ses figures féminines, d’inspiration biblique, n’ont cessé d’intriguer. Ces images ont inspiré bon nombre d’artistes au XXe siècle. Vous découvrez ainsi deux murs d’œuvres graphiques de Picasso. Il n’a jamais vu un tableau de Cranach, mais travaillait d’après cartes postales. Ce n’était peut-être pas ou plus le cas d’Otto Dix, Man Ray, Marcel Duchamp, Giacometti, Warhol, Martial Raysse et Berlinde De Bruyckere. Bizarre, un grand mur orné de 90 interprétations – qualité musée – chinoises de la Justitia, réalisées à Dafen en 2011.

Cranach était aussi éditeur, pharmacien et tenait un commerce de bois. Il avait jusqu’à 30 collaborateurs dans son atelier. C’est un aspect du fonctionnement des ateliers de l’époque qui est rarement mis à l’avant-plan pour l’art flamand. De fait, qui peignait les Van Eyck, quand il était en mission pour la cour de Bourgogne (au Portugal, par exemple) ? L’atelier de Cranach était ouvert à toutes sortes de commandes, vitraux, tapisseries, lampes, argenterie, etc. On peignait aussi sur toiles lin à intégrer dans l’architecture, remplaçant ainsi la fresque.

Cranach avait deux fils, Hans et Lucas, qui ont fait produire des milliers d’œuvres – mais il n’en reste pas beaucoup dans une Europe continuellement ravagée par des guerres, pendant plusieurs siècles. L’exposition est exceptionnelle par les nombreux points de vue qui y sont abordés. Et par la présence d’œuvres peu connues, provenant des pays communistes d’antan.

Lucas Cranach l’Ancien
Museum Kunstpalast
Düsseldorf
Jusqu’au 30 juillet
http://www.cranach2017.de/

Lucas Cranach

Lucas Cranach l’Ancien, Autoportrait, 1531, Generaldirektion Kulturelles Erbe Rheinland-Pfalz – Direktion Burgen, Schlösser, Altertümer – Schloss Stolzenfels, photo GDKE

Lucas Cranach

Lucas Cranach l’Ancien, Droit et Grace, 1529, Galerie nationale à Prague

Lucas Cranach

Lucas Cranach l’Ancien
Eva, environ 1508-1510, Besançon, Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, (c) Besançon, musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, photo Pierre Guenat

Lucas Cranach

Lucas Cranach l’Ancien, L’adieu des Apôtres, 1540, Musée national de Stockholm, Photo Anna Danielsson / Musée national

Lucas Cranach

Hans Cranach, Portrait du chancelier Gregor Brück, 1533, Germanisches Nationalmuseum, Nürnberg (Leihgabe der Bundesrepublik Deutschland), photo Gunnar Heydenreich, cda

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