Fondée en 1955 à Cassel, en Allemagne, à l’initiative de l’architecte, peintre et designer Arnold Bode (1900-1977) afin de raviver les liens entre le public allemand et l’art moderne, décrété dégénéré et censuré de longues années par les nazis, Documenta est devenue, au fil de ses éditions quinquennales, un rendez-vous incontournable de la scène internationale de l’art contemporain.

Lieu d’engagement sociopolitique et d’expérimentation en termes de format d’exposition comme de réflexion théorique et conceptuelle, la manifestation voit chacune de ses éditions confiée à une nouvelle équipe de commissaires et curateurs. C’est au Polonais Adam Szymczyk qu’a ainsi été offerte, dès 2013, la direction artistique de Documenta 14, dont il a choisi de faire un projet bicéphale. Une première. Alors que l’événement a été lancé ce samedi 10 juin, dans son berceau historique du centre de l’Allemagne, elle bat en effet son plein, depuis bientôt deux mois et jusqu’à mi-juillet, à Athènes. Une quarantaine de lieux accueillent les travaux de près de 200 artistes réunis sous le thème Learning from Athens (Apprendre d’Athènes), inspiré de l’histoire de la cité comme de sa situation géographique, économique, et donc politique, particulière au sein de l’Europe, comme a pu en témoigner l’actualité des dernières années. Au cœur du propos, adressé depuis des points de vue volontairement décalés vers le Sud : la période de crise, qu’elle soit d’ordre économique, migratoire ou identitaire, qui n’en finit pas de secouer les démocraties du continent et rend plus que jamais nécessaire le (savoir-) vivre ensemble.

« Essayez de voir cette exposition athénienne comme une géographie, suggérait Adam Szymczyk en avril dernier, ne vous précipitez pas vers les seules grandes institutions (1), mais baladez-vous plutôt par quartier. » Un conseil à suivre, muni de bonnes chaussures et d’une carte des transports, qui vous fera tour à tour arpenter de larges avenues bruyantes, et encombrées par la circulation, emprunter de petites rues calmes bordées d’orangers, déambuler sur les places publiques, parcourir les parcs ombragés ou les abords des ruines antiques disséminées à travers la ville. Un parcours digne d’un marathon qu’il serait vain de tenter de détailler de manière exhaustive, mais dont voici quelques morceaux choisis.

Direction tout d’abord un lieu insolite, à l’ambiance feutrée et studieuse, qu’est la Gennadius Library, bibliothèque gérée par l’Ecole américaine d’études classiques d’Athènes et mondialement connue pour son fonds dédié à l’histoire, la littérature et l’art grec depuis l’Antiquité jusqu’au XXe siècle. (…)

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Medias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article  sur www.artshebdomedias.com

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Mary Zygouri, The Round-Up Project : Kokkinia (détail), 2016-2017, photo S. Deman

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Collective Exhibition for a Single Body (détail), photo S. Deman

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Rebecca Belmore , Biinjiya’iing Onji (De l’intérieur), 2017, photo S. Deman

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Banu Cennetoğlu, Gurbet’s Diary, 2016-2017, photo S. Deman

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