Le sculpteur britannique Anthony Caro (1924-2013) a les honneurs, tout l’été à Bruxelles, des cimaises de la Galerie Daniel Templon et des Jardins du Musée Van Buuren. Ce lieu magique accueille chaque été une exposition extérieure, toujours spectaculaire.

Entourées de centaines de roses qui exhalent leur parfum sous les cinq arceaux de la petite roseraie et autour des bordures en briquettes de la grande roseraie, les œuvres de Caro prennent tout leur sens. Nature et culture se rencontrent. Dès l’entrée du jardin, une immense composition, Star Flight, dresse ses éléments de métal brut entre quatre murs de buis. Au bout de la petite roseraie, voici In the Bath, une sculpture réaliste datée de 1986. Il est toujours intéressant de voir que la plupart du temps un artiste abstrait démarre sa carrière avec des propositions réalistes.

« La sculpture moderne et contemporaine s’inscrit dans la continuité des siècles précédents, avec une différence pourtant significative : elle acquiert son autonomie, elle ne répond plus à une fonction précise. L’artiste d’aujourd’hui s’exprime en toute liberté. Anthony Caro illustre magnifiquement cette tendance, lui qui cherchait à libérer la sculpture de ses attaches, qui aimait la confrontation directe de l’œuvre et du spectateur. Il considérait la sculpture comme un art ouvert sur l’espace« , explique la directrice du musée et historienne de l’art Isabelle Anspach.

Plus loin, Emma Gate, Larry’s Land, de grandes sculptures majestueuses, constituées de pièces de métal récupérées et assemblées en de puzzles puissants. Leurs lignes droites créent la surprise aussi au milieu du Jardin du Cœur créé par René Pechère. Il faut aller jusqu’au verger pour savourer les dernières des 17 sculptures qui ont été déposées ici miraculeusement, une nuit de pleine lune, semble-t il.

Anthony Caro fut l’assistant d’Henry Moore. Il fut le professeur de Tony Cragg, Philip King ou Richard Long. Il avait volontairement supprimé le socle pour trouver un autre rapport entre la forme et l’espace, le sol, horizontal, et la sculpture, se dressant vers le ciel. « La sculpture se situe à mi-chemin entre la peinture et l’architecture, surtout la sculpture abstraite. Elle est entre les deux. Il nous faut trouver ce lieu, dans l’entre deux« , considérait-il.

A la Galerie Templon – qui représente l’artiste – s’est ouvert ce jeudi une exposition sœur qui présente les sculptures d’intérieur et ses dernières pièces, expérimentant d’autres matériaux.

Musée van Buuren
41 av. Leo Errera
1180 Bruxelles
Jusqu’au 8 octobre

Galerie Daniel Templon
13A rue Veydt
1060 Bruxelles
Jusqu’au 22 juillet

Anthony Caro

Anthony Caro, Star Flight, 2001-2003, courtesy Barford Studio et Musée et jardins Van Buuren, photo Balasse Studio

Anthony Caro

Anthony Caro, Larry’s Land, 1970, courtesy Barford Studio et Musée et jardins Van Buuren, photo Balasse Studio

anthony caro

Antony Caro, Bench, 2011-2013, courtesy Galerie Daniel Templon Paris et Bruwelles, photo Barford Studio

anthony caro

Anthony Caro, Palanquin 1987 – 91 et Inset 1972-74, courtesy Barford Studio et Musée et jardins Van Buuren, photo Balasse Studio

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