Depuis les années 1980, Alexandre Hollan se concentre exclusivement sur deux motifs, Les Vies silencieuses d’un côté, les arbres de l’autre. Ces deux motifs sont présentés dans deux expositions voisines, l’une chez Jean Marchetti, au Salon d’Art, et l’autre, en face, à la Galerie de la Forest Divonne, chez Jean de Malherbe.

Les Vies silencieuses, ce sont les natures mortes qu’Alexandre Hollan peint encore et encore. Nous en parlions ici. Quelques pots, cruches et vases qu’il réinvente à chaque fois via la couleur. Un modus operandi à la Morandi. Quelques objets qui concentrent en leur forme simple tous les possibles de la ligne et de l’aplat. Si cette cruche au bec pointu devient un triangle, ce pot se transforme en un simple rectangle. Devant, l’artiste a posé une pomme, qui fera office de sphère. Ces trois formes simples accueillent une palette de bleus intenses et de violet. Plus loin, verts et gris, ou rouge et terre. Le pinceau qui passe et repasse sur le papier a provoqué un effritement de celui-ci. Ces petits amas de papier absorbent encore plus le pigment et crée une texture. Peintures silencieuses, méditatives… et peintures d’intérieur.

A l’extérieur et en face

Hollan peint aussi des arbres. Ou plutôt leur ramure. Les voici chez La Forest Divonne, en multiples versions : ramures mouvantes, chantantes, en aplats ou traits. Moins silencieuses que ses Vies silencieuses. Dans chaque arbre, qu’importe son essence, tous les arbres sont contenus, semble vouloir nous dire Hollan. Dans chaque ramure, fût-elle d’un chêne ou d’un olivier, toutes les ramures. Leur forme découpée, l’amas que font les feuilles, leur imperceptible mouvement, l’air qu’il y a autour, tout cela, l’artiste le donne à voir dans ses encres et ses peintures. On peut presque faire le lien avec Viallat, qui répète lui aussi une même forme. Mais ici, il y a le flux de la vie qui circule dans les branches des arbres. Cette vie, cette sève, Hollan la rend si bien par le trait. Ici, un aplat comme un nuage, c’est la ramure d’un chêne, là, à l’encre noire, chaque branche est dessinée et forme avec les autres un tressage subtil. Les arbres d’Alexandre Hollan parlent de vie et de vibrations. S’en approcher fait du bien.

Alexandre Hollan est né à Budapest en 1933. Il vit en France depuis 1956 et a suivi à Paris l’enseignement des écoles des beaux-arts et des arts décoratifs. Il partage son temps entre les garrigues du Languedoc et ses ateliers de Paris et Ivry.

Alexandre Hollan
Le Salon d’Art
81 rue Hôtel des Monnaies
1060 Bruxelles
Jusqu’au 15 juillet
Du mardi au vendredi de 14h à 18h30, samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 18h
lesalondart.skynetblogs.be/

Galerie La Forest Divonne
66 rue Hôtel des Monnaies
1060 Bruxelles
Jusqu’au 15 juillet
Du mardi au samedi de 11h à 19h
www.galerieforestdivonne.com

alexandre hollan

Alexandre Hollan, Vie silencieuse, courtesy l’artiste

alexandre hollan

Alexandre Hollan, Vie silencieuse, courtesy l’artiste

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Alexandre Hollan, Vie silencieuse, courtesy l’artiste

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Alexandre Hollan, Chêne avant l’orage, 2016, courtesy l’artiste

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Alexandre Hollan, Derviche Tourneur. Chêne, 2016, courtesy l’artiste

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Alexandre Hollan, Le Gardien du Chemin. Grand Chêne, 2012, courtesy l’artiste

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