Sylvia Hatzl, plasticienne et perfomeuse, occupe la Chapelle de Boondael à Ixelles avec une immense installation qui vibre de toute son histoire d’artiste et de femme. Une promenade dans ses pensées intimes.

Accrochés à la charpente, d’immenses vêtements faits de peaux de lapin ou de boyaux étirés jusqu’à les rendre transparents. Ce sont des manteaux ou de longues robes. Mais aussi, un labyrinthe précieux, diaphane. « On peut y voir ce qu’on veut, dit Sylvia Hatzl . Je ne veux rien raconter sur ce travail. C’est à vous d’y voir ce que vous voulez. Je pars toujours de la matière, poursuit-elle. La matière m’habite et m’appelle, je baigne dans son univers, cherchant en elle les imprévus, les incidents et les accidents. Mes sculptures naissent de la relation entre les sens – la sensualité – et les matières à l’œuvre. Elles ne sont pas préméditées : je les suis, les porte et les accompagne dans leur devenir. »

Pour le visiteur, cette chaîne de création se poursuit, puisqu’il est emporté dans une ambiance à la fois délicate et étrange. Un immense manteau, comme un suaire transparent barre presque l’entrée vers la nef centrale. Ensuite, d’autres chasubles, plus petites, faites de soie, coton, tripes, peau et teintées par de la cendre, de la rouille, de la terre, dans un camaïeu de tons naturels. Trois toutes petites robes transparentes sont accrochées au mur et encadrées dans un cube de fil de métal. Chasubles comme sorties d’un rêve ou d’une mémoire profonde. Une cadeau intuitif et tactile – difficile de résister à la tentation de toucher ces matières évanescentes –  que nous fait cette artiste allemande née en Bavière méridionale et qui cite volontiers son enfance au contact permanent avec la nature.

Sylvia Hatzl a étudié la scénographie à l’Ecole Supérieure des Arts Appliqués de Paris et à la Sorbonne, puis le dessin à La Cambre à Bruxelles. Elle a régulièrement travaillé avec le metteur en scène Bernard de Coster.

Ici, la mise en scène n’est pas créée pour être frontalement appréhendée, comme au théâtre, ou pour soutenir une histoire. C’est plutôt une plongée intime dans les tréfonds du rêve et de l’inconscient de l’artiste. Si l’on ne craint pas de s’y promener, on pourra y croiser au détour d’une longue chasuble, quelques traces de ses propres rêves. Y aller.

Sylvia Hatzl
Ahnen
Chapelle de Boondael
10 square du Vieux Tilleul
1050 Bruxelles
Jusqu’au 28 mai
Du jeudi au dimanche de 14h à 18h
http://ahnen.be/

Sylvia Hatzl

Sylvia Hatzl, vue de l’exposition à la Chapelle de Boondael

Sylvia Hatzl

Sylvia Hatzl, vue de l’exposition à la Chapelle de Boondael

Sylvia Hatzl

Sylvia Hatzl, vue de l’exposition à la Chapelle de Boondael

Sylvia Hatzl

Sylvia Hatzl, vue de l’exposition à la Chapelle de Boondael

Sylvia Hatzl

Sylvia Hatzl, vue de l’exposition à la Chapelle de Boondael

Sylvia Hatzl

Sylvia Hatzl, vue de l’exposition à la Chapelle de Boondael

Sylvia Hatzl

Sylvia Hatzl, vue de l’exposition à la Chapelle de Boondael

Sylvia Hatzl

Sylvia Hatzl, vue de l’exposition à la Chapelle de Boondael

Sylvia Hatzl

Sylvia Hatzl, vue de l’exposition à la Chapelle de Boondael

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