C’est au Mu.ZEE d’Ostende et pas à Blankenberge – son lieu de naissance -, ni à Gand – où il s’est formé -, qu’est présentée la rétrospective Frans Masereel. L’œuvre de Masereel est immense. Sa technique, la gravure sur bois, n’est pourtant ni simple ni rapide. Elle permet toutefois de réaliser des tirages importants pour peu d’argent. Et c’est cela qui compta, dans sa carrière, qui s’est déroulée largement en dehors de la Belgique.

Le premier maître de Masereel était gantois : le graveur Jules De Bruycker, connu pour sa vision à la fois sociale et fantastique des bas-fonds, du Patershol. C’était l’arrière-cour de l’académie où sont passées les futures vedettes de l’école de Laethem-Saint-Martin. Mais seul Masereel a gardé ce regard social propre à De Bruycker.

En tant que fils de la bourgeoisie, il a l’occasion de développer son talent d’artiste pendant des voyages et des séjours, à Paris notamment. Il a la grande chance d’échapper à la Première Guerre, étant en Suisse. Mais ses illustrations à ce propos paraissent étonnamment vraies. Sa réputation est faite. Ses romans en images et sans paroles sont des succès, autant en Allemagne qu’en France… Il illustre le roman de Romain Rolland, Jean-Christophe, avec des centaines de gravures. Ses essais pour transposer ces séries d’images en un film n’aboutissent pas. Malheureusement.

En tant qu’artiste social, Masereel fut l’invité de la jeune Union soviétique, qu’il visita à plusieurs reprises – ainsi que, bien plus tard, la Chine de Mao. Au milieu des années 1930, des déplacements de populations, des famines, etc. ont déjà frappé le pays. Mais la vision de Masereel reste optimiste (ou craignait-il encore plus la menace du fascisme en Europe de l’Ouest ?).

Il fut et reste le plus important artiste social de Belgique. Son invention de romans en images, sans la moindre ligne de texte, était géniale. Il évitait ainsi des polémiques littéraires. Et le message restait précis, clair et accessible à tous.

L’exposition est un peu restreinte par rapport à la masse d’œuvres de l’artiste. Cela est dû à la présence de dix ensembles d’œuvres d’artistes contemporains, de plusieurs horizons, en rapport avec Masereel. Est-ce que cela contribue à une compréhension plus profonde de son œuvre ? On peut en douter.

Frans Masereel
Images de résistance
Mu.ZEE
11 Romestraat
8400 Ostende
Jusqu’au 3 septembre
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
http://www.muzee.be/

Frans Masereel

Frans Masereel, Petites dactylos, 1924, Collection privée, (c) SABAM Belgium 2017 & Frans Masereel Fondation Sarrebruck

Frans Masereel

Frans Masereel, houtsnede uit La ville, 1925, (c) SABAM Belgium 2017 & Frans Masereel Fondation Sarrebruck

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Frans Masereel, Sortie de cinéma, 1925, Collection privée, (c) SABAM Belgium 2017 & Frans Masereel Fondation Sarrebruck

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Frans Masereel, Ein Gehirn, 1926, Collection privée, (c) SABAM Belgium 2017 & Frans Masereel Fondation Sarrebruck.

Frans Masereel

Frans Masereel, Le choix, 1924, Collection privée, (c) SABAM Belgium 2017 & Frans Masereel Fondation Sarrebruck

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