On connaît Pol Bury surtout par ses fontaines et ses sculptures exposées dans l’espace public à Anvers, Bruxelles mais aussi à Paris, au Japon et aux Etats-Unis. Aujourd’hui, tandis que l’expo Pol Bury Time in Motion bat son plein à Bozar, on le retrouve chez De Vuyst avec une Fontaine  proposée aux prochaines enchères pour une estimation de 60-80.000 euros.

Cette fontaine à boules réalisée en cuivre et inox en 1984 est typique de l’œuvre de cet artiste belge précurseur international de l’art cinétique. Elle en reprend cette façon de composer avec des formes géométriques simples mais surtout de bouger sans en avoir l’air ! Car tout l’art de Pol Bury (1922-2005) fut de donner une nouvelle dimension aux beaux-arts, celle du temps et donc du mouvement, tout imperceptible qu’il soit. Car, au premier abord, ses œuvres mobiles semblent… immobiles ! Et celle-ci de surcroît puisqu’elle est dépossédée de son indispensable ingrédient : l’eau (et l’environnement). Car comme l’écrivait l’artiste lui-même, c’est « quand une fontaine est dans la nature (qu’) elle atteint son point final, son apogée. Elle respire et s’oxygène. »

Composée de dix boules de tailles différentes posées sur une surface sphérique renfermant le moteur et tout le système hydraulique, cette pièce est un pied de nez aux lois de la pesanteur, thème récurrent chez l’artiste qui conserve un fond surréaliste et qui se plaît à surprendre le spectateur. Le mouvement lent est aléatoire et asymétrique. Comme chaque boule est différente, son point de basculement sous l’effet de l’eau l’est également. Toute tentative d’anticipation est vouée à l’échec et c’est précisément cela qui fascine et qui tient en haleine dans l’œuvre de Pol Bury. Une œuvre qui parle du temps qui passe imperceptiblement. Une technique mixte de l’artiste est également à prendre pour un montant plus de 10 fois inférieur (lot 435, Composition, 5.500-6.500 euros).

Pol Bury

Pol Bury, Fontaine, 1984, De Vuyst – Lokeren

 

A propos de l'auteur

Laure Eggericx

Chroniqueuse et journaliste"Historienne de l’art et plasticienne, j’alterne depuis des années la plume et le pinceau pour assouvir et communiquer ma passion de l’art, du patrimoine et de l’architecture. Journaliste pour différents quotidiens (Le Soir, La Libre ...) et magazines (Villas, Les Nouvelles du Patrimoine...), j’ai collaboré à de nombreux ouvrages et expositions concernant aussi bien artistes et artisans qu’architectes contemporains, sites historiques ou balades touristiques. Le marché de l’art est la plus récente corde à mon violon."Laure Eggericx est licenciée en histoire de l’art et archéologie (ULB), graduée en architecture d’intérieur (Saint-Luc-Essai) et diplômée en recherches graphiques et picturales (Académie JJ Gaillard).

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