Claude Verlinde, Le Parfum, huile sur panneau, s.d., lot 113, estimation 12-15.000 euros, vente chez Horta le 24 avril 2017 – www.horta.be

Deux peintures de l’artiste français Claude Verlinde (°1927) se trouvent parmi les 500 lots que compte la vacation des 24 et 25 avril de l’Hôtel de ventes Horta. Ces pièces qui sortent du lot par leur style à part – que l’artiste lui-même qualifie de réaliste fantastique – témoignent de l’univers singulier de cet homme surtout connu comme peintre mais aussi comme illustrateur de livres (notamment des Fables de La Fontaine), créateur de décors de théâtre, d’objets et de meubles.

Formé à Paris à l’école des Beaux-Arts et à l’académie de la Grande Chaumière, Claude Verlinde a surtout exposé en France mais aussi ailleurs en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Son nom apparaît également de temps à autre en ventes publiques. On retiendra à ce titre que son grand Arbre généalogique a été adjugé 112.496 euros le 20 juin dernier chez Drouot ! Un montant énorme si l’on compare aux estimations de la maison belge qui annonce 12-15.000 euros pour Le Parfum  (lot 113) et même moins pour le glacial Dialogue de Sourds, une toile plus petite qui met en scène deux figures aux allures fantomatiques et inquiétantes (lot 114, 4-6.000 euros).

Aborder l’art de Verlinde est synonyme de mystère, d’incompréhension d’un monde tantôt hostile, tantôt fantastique et rarement intègre. Son art est celui de la transformation, de la métamorphose. Ses tableaux sont peuplés de créatures hybrides, femmes qui se transforment en branches ou en racines, branches qui se font tentacules, êtres mi-hommes mi-animaux qui évoquent le rêve et/ou le cauchemar. Ces sujets qui intriguent, questionnent et font quelques fois franchement sourire, sont traités avec une technique rigoureuse et une minutie qui rappellent le travail des maîtres anciens. On pense à la Renaissance italienne mais aussi aux peintres flamands tels que Breughel ou Jérôme Bosch, dans son souci du détail mais aussi son attrait pour les figures grotesques ou caricaturées.

Le décor façon trompe-l’œil du Parfum montre ses attaches avec l’architecture de la Renaissance italienne dans laquelle il intègre six bustes d’animaux loufoques, humant des effluves aussi énigmatiques que le propos de ce tableau où se bousculent quantité d’images. Inexpliqué et en proie à des interprétations multiples, ce tableau est-il une allusion à la chasse, avec ces trophées en appliques murales ? Une évocation de la vanité des hommes et du tout à l’apparence, avec ces bustes ballonnés arborant bijoux et pendeloques ? Une prémonition d’un artiste visionnaire ou une grande farce pour le plaisir ?

Claude Verlinde

Claude Verlinde, Le parfum, s.d., Hôtel de ventes Horta

 

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