L’art est sous les feux de l’actualité cette semaine. Et c’est en terrain connu qu’Independent vient d’ouvrir ses portes dans les anciens Magasins Vanderborght. Attendue, cette deuxième édition réaffirme sa volonté d’être une foire conçue par des galéristes pour les galeries. Par son essence collaborative et innovante, elle entend dépasser le modèle traditionnel des foires d’art, ouvrir d’autres portes et se positionner résolument dans le champ de l’expérimentation. Un vaste forum dynamique dont la configuration du bâtiment met en avant la convivialité, les synergies et le dialogue ouvert entre artistes, galeries et visiteurs. Et qui évite ainsi les cases bien formatées.

On se rappellera que la foire new-yorkaise avait mis le cap sur Bruxelles en 2016. Devançant Art Brussels d’une journée, l’aventure bruxelloise canalise l’attention et réunit 70 galeries internationales et associations à but non lucratif, projets in situ et solos. Le panel des exposants est large : galeries renommées et jeunes pousses sont amenées à se côtoyer et parfois à partager un même espace. Une approche attrayante. Collectionneurs, professionnels et connaisseurs déambulaient nombreux hier entre les stands dans un parcours fluide et sinueux.

Independent a ceci de particulier qu’elle renouvelle un tiers des exposants chaque année. Elle  accueille donc une trentaine de nouveaux participants par rapport au cru 2016 avec une nette prédominance de galeries internationales. Du côté des belges, Bureau des Réalités, Super Dakota (Bruxelles), Tatjana Pieters (Gand), Trampoline et Tim Van Laere Gallery (Anvers) ainsi que Mieke van Schaijk (‘s-Hertogenbosch). Notons également la présence d’une quarantaine d’artistes exposés pour la première fois en Belgique. Autant dire que les découvertes sont fort nombreuses dans ce patchwork de créations.  « L’idée est d’enrichir la scène artistique bruxelloise, explique Olivier Pesret, codirecteur d’Independent Brussels. Et qu’en même temps, la foire se réinvente en continu. » Voilà pour les lignes de force.

Sur place, dès l’entrée, épinglons une structure de cabine en bois de Sara Favriau (France, 1983) présentée par la galerie parisienne Maubert. Métamorphosée en espace d’exposition, elle propose une nouvelle lecture et une réflexion sur la manière de présenter et de contempler une œuvre d’art. Parmi les installations in situ, retenons également The mask Makers, au 1er étage, chez David Zwirner. Sous la houlette de Marcel Dzama, qui affectionne l’iconographie surréaliste et le thème du masque, des œuvres historiques et contemporaines de genres différents, avec des contributions de David Altmejd, James Ensor, Cindy Sherman, Peter Doig et Raymond Pettibon, entre autres. Au 3e étage, une peinture de Jannis Kounellis et des œuvres de Kawamata ont retenu notre attention chez Air de Paris.

Independent valorise les expositions individuelles. Plus de 20 % des exposants donnent la parole à un seul artiste. Relevons les compositions picturales de Nathalie Du Pasquier – membre fondatrice du collectif milanais Memphis – choisies par Exile et Apalazzogallery ; Guillaume Leblon dans un espace partagé par Carlier Gebauer, Jocelyn Wolff et Galéria ProjecteSDMichael Pybus chez Tatjana Pieters ainsi qu’Ethan Greenbaum à la Galerie Bertrand. Pour ce qui est des projets collaboratifs, relevons le partenariat entre gb agency et Jan Mot qui présentent Ryan Gander et Mario Garcia Torres, rapprochement ludique entre des pratiques artistiques différentes.

Côté coup de cœur

Une halte au stand de la très jeune Galerie Pact (5e étage), née il y a un an à Paris et spécialisée dans les nouvelles technologies et le numérique, nous permet de découvrir les sculptures d’Amy Brener (Canada, 1982). Elle combine l’univers de la géologie et de l’archéologie à celui de la science-fiction. Des éléments d’une civilisation inconnue, parallèle ou future ? Sur le même stand, les photos manipulées numériquement et recomposées en trois dimensions d’Ethan Greenbaum (Canada) ont retenu notre attention. Lucy Kim (Séoul, 1978) renvoie avec ses juxtapositions de textures et de couleurs à l’approche neuroscientifique traitant les difficultés de comprendre et d’analyser l’image transmise par l’œil humain. A noter aussi la New-Yorkaise Sarah Meyohas, au même étage. Artiste et galeriste, elle présentera le 27 avril prochain à l’espace Régence d’Independent la très belle vidéo Cloud of petals. Une réflexion intéressante, autant philosophique qu’esthétique, sur l’intelligence artificielle qui fait déjà l’objet d’une exposition parisienne chez Pact.

Independent se forge un chemin à Bruxelles.  Une année de plus, elle propose une approche ambitieuse dont on apprécie le côté frais et le propos, ce brassage de synergies, la mise en regard de galeries établies et de jeunes projets.  En filigrane, l’intérêt du bâtiment et la scénographie de Bernard Dubois qui donnent le ton à une atmosphère toujours aussi conviviale.

Independent Brussels
Magasins Vanderborght
50 rue de l’Ecuyer
1000 Bruxelles
Jusqu’au 23 avril
Du jeudi au samedi, de 12h à 19h, dimanche jusqu’à 18 h
http://independenthq.com

Independent

Independent 2017, vue de la foire, photo Elisabeth Martin

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Pieter Schoolwerth, Break Up, 2016, Capitain Petzel, Independent 2017, photo Elisabeth Martin

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Stand Gladstone Gallery, Independent 2017, photo Elisabeth Martin

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Emily Mae Smith, 2017, Mary Mary, photo Elisabeth Martin

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Galerie Pact, Independent, photo Pact

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