D’une enfance en contact direct avec la campagne aux abords de Bruxelles, Ariane de Briey a tiré son goût de la nature. Des forêts au littoral, par les promenades et les voyages, elle multiplie toutes les occasions de la côtoyer et d’évoquer par son art ce qui en fait la variété et la beauté. Ses dessins, peintures, gravures et textiles sont à voir à l’Association du Patrimoine artistique au Sablon jusqu’au 6 mai.

Ariane de Briey observe non sans inquiétude ce que les hommes font de notre terre, mais regarde avec passion les témoins sauvegardés : des chemins qui parcourent les bois, des étangs aux abords plantés, des vergers et leurs vieux pommiers, des arbres vigoureux ou frêles, ou encore ces troncs d’arbres penchés aux branches secouées par les vents violents. Les moments sereins ne lui échappent pas, tel ce sentier de forêt menant vers l’inconnu ou ce bois de pins accrochés à des terres escarpées.

L’artiste se plait aussi à regarder la mer, à la retranscrire à travers ce même regard qui se veut synthétique : des fragments d’océan dont les vagues, pétillantes de milliers de bulles, déferlent et fouettent les rochers. Cet instantané sur la vague qui jaillit n’est pas innocent, c’est même une invitation à jouir de l’instant présent, ce fragile et précieux moment que nous négligeons trop souvent. Dans ses interprétations, Ariane de Briey privilégie autant les rendus précis que les formes stylisées qui la mènent à l’abstraction, le tout avec une profusion de couleurs, réelles ou imaginaires, à moins qu’elle ne leur préfère de simples monochromies.

Ces variations se poursuivent aussi à travers les techniques. Elle passe volontiers de l’une à l’autre, traitant le même thème au crayon, pastel ou fusain, à l’acrylique ou à l’aquarelle, à moins qu’elle n’utilise la gravure, quand elle ne s’empare pas de ses aiguilles pour aborder la broderie sur tulle, matière qu’elle rend diaphane par ses interventions au fil blanc. Ses interrogations l’amènent aussi à comparer le geste si simple du photographe qui arrête en une fraction de seconde le mouvement de l’eau, tandis qu’en broderie elle passe tant d’heures pour le reconstituer.

Lorsque le vent se lève en mer, il annonce bien souvent la tempête, mais il peut aussi réanimer une mer trop calme, Ariane de Briey l’entend ainsi et le croit capable de nous guider vers la vision d’un nouvel avenir. Enfin, lorsqu’elle fait une belle rencontre humaine, ce sont les mots du poète qu’elle accompagne dans la conception de livres d’images créés avec cette même diversité poétique.

Ariane de Briey
Le Vent se lève
Association du Patrimoine artistique
7 rue Charles Hanssens
1000 Bruxelles
Jusqu’au 6 mai
Du jeudi au samedi de 14 à 18h
www.associationdupatrimoineartistique.be/

Ariane de Briey

Ariane de Briey

Ariane de Briey

Ariane de Briey, Pommier

Ariane de Briey

Ariane de Briey, Monochrome 051

Ariane de Briey

Ariane de Briey, Monochrome 006 (Brise)

 

Ariane de Briey

Ariane de Briey, Vague

 

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