L’année Bosch en 2016, qui a dépassé toutes les espérances dans une ville de province loin d’Amsterdam, continue à inspirer. C’est à La Haye d’abord, ensuite à Utrecht, Leyde, Otterlo etc. qu’on célèbre aujourd’hui le centenaire de la revue et du groupe De Stijl.

Le musée municipal de La Haye possède la collection la plus importante d’oeuvres de Mondrian (1872 – 1944), présentée chronologiquement. On aurait pu l’adapter et en faire l’exposition. On n’a pas opté pour cette solution facile. Le musée a mis l’accent sur la période décisive (1916-1918) où Piet Mondrian et Bart Van der Leck travaillaient ensemble à Laren, village d’artistes non loin d’Hilversum. C’était un simple village, c’est aujourd’hui un des villages les plus riches du pays – à comparer avec Laethem-Saint-Martin. Cette proximité justifie la comparaison totalement inédite des œuvres des deux artistes, pendant les années de guerre qui se déroulait ailleurs. Il est fascinant de voir comme ils arrivent à des solutions comparables, par des procédés différents. Parfois ils dévient du chemin tracé. C’est ainsi que Mondrian peint encore une série de chrysanthèmes en 1917. On sent la rivalité des artistes aussi quand Hélène Kröller-Müller entre en scène : c’était probablement à l’époque la plus grande acheteuse d’art contemporain en Europe. Elle acquit des dizaines de tableaux des deux artistes, mais davantage de Van der Leck. Ce dernier utilisait des diagonales, une solution que Mondrian rejetait pour sa part, aussi pour des raisons religieuses ! Ces raisonnements ne facilitent pas la lecture des textes de la revue De Stijl, qui avait un tirage plus que modeste (moins de 100 ex.) mais un rayonnement certain.

L’arrivée de van Doesburg et de Vantongerlo changent la donne. De Stijl dépasse enfin le stade de deux penseurs très, trop, individualistes. Il faut cependant noter que Van der Leck, dans son œuvre figurative de l’époque, rejoint la révolution sociale qui éclate dans toute l’Europe.

Cette confrontation fait l’objet d’un commentaire en bande dessinée (une nouveauté aux Pays-Bas) de Joost Swarte. Il dessine avec le sourire, non sans ironie, dans des attitudes figées, les grands noms, au travail dans leur atelier. Le musée l’édite au format BD, En toen de Stijl op bezoek in het atelier, comme une publication éducative. On dépasse ainsi l’approche peut-être trop respectueuse, presque religieuse des peintres penseurs ou même prêtres qui a prévalu longtemps.

Mondrian & the Stijl
Gemeentemuseum Den Haag
Jusqu’au 21 mai
gemeentemuseum.nl

 

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Piet Mondrian, Composition with Large Red Plane, Yellow, Black, Grey and Blue

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Piet Mondrian, Lozenge with Four Yellow Lines, 1933

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Piet Mondrian, Bos bij Oele, 1908

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Piet Mondrian, See after sunset, 1909

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Piet Mondrian, Evolution, 1911

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