Hippolyte Boulenger fut un paysagiste de génie, farouche et solitaire, actif dès la fin des années 1850 et mort prématurément aux débuts des années 1870. Il mena une existence de bohème marquée par l’intransigeance artistique et la pauvreté. Initiateur de l’école de Tervueren, il a influencé toute une génération de paysagistes belges. L’historien de l’art Constantin Ekonomides l’a suivi sur les chemins qu’il a parcourus, il a retrouvé ses complices et retracé le climat intellectuel dans lequel il a réalisé une œuvre qui compte parmi les plus significatives de l’art du milieu du XIXème siècle en Belgique. Une exposition à l’Association du Patrimoine Artistique, à Bruxelles, retrace son œuvre.

Au milieu du XIXème siècle, dans l’ambiance sociale oppressante de la Belgique, en pleine révolution industrielle, Hippolyte Boulenger (1837-1874) fut un artiste marginal en rupture complète avec l’ordre bourgeois et l’académisme dominant. Né à Tournai, de mère française et de père belge, il fut orphelin à seize ans. Il vécut brièvement auprès de sa famille maternelle à Paris et semble avoir alors pris connaissance de l’existence de l’école de Barbizon mais aussi des idées de la gauche révolutionnaire. Il rejoignit ensuite Bruxelles et tenta d’y survivre en travaillant sur le chantier de la rue Blaes tout en suivant les cours de peinture à l’académie. Mais il refusa l’enseignement dispensé alors par Navez et Portaels. Survint ensuite un épisode fondateur où le jeune homme, sans le sou, partit vagabonder dans la campagne à la recherche de sensations vraies et chercha ainsi à échapper à sa condition misérable. Errant comme Rimbaud le fera un peu plus tard, il se remplit au contact de la nature d’un sentiment d’existence et de liberté qui nourrira sa volonté artistique. Sa peinture connait un succès immédiat auprès des artistes et des amateurs éclairés. Mais le caractère rugueux et intransigeant de l’artiste lui aliène aussi la critique et les marchands qu’il méprise et auxquels il consent à peine à vendre ses œuvres. En contact avec les milieux anarchistes et révolutionnaires, il connait une vie de bohème et, aidé par l’artiste Van Camp, il s’installe dans une auberge à Tervueren à proximité de la campagne et de la forêt. Il sera rejoint par un groupe d’artistes, émules des orientations de son art vers le paysage et convaincus par les innovations luministes qu’il y apportait. Les privations et les excès de sa jeunesse ont précipité sa mort à l’âge de trente-sept ans.

Hippolyte Boulenger
Association du Patrimoine artistique
7 rue Charles Hanssens
1000 Bruxelles
Jusqu’au 1er avril
Du jeudi au samedi de 14 à 18h
www.associationdupatrimoineartistique.be/

Hippolyte Boulenger

Hippolyte Boulenger, Berger et son chien dans l’ombre d’un arbre, Nederland, collection Barat-Venker, ancienne collection Jules Montigny, acquis directement de la veuve d’Hippolyte Boulenger par Jules Montigny le 8 juillet 1874

Hippolyte Boulenger

Hippolyte Boulenger, Artiste en plein air, Bruxelles, collection privée

Hippolyte Boulenger

Guillaume Vogels, Portrait d’Hippolyte Boulenger, c.1873, Collection De Vrienden van de School van Tervuren vzw

Hippolyte Boulenger

Hippolyte Boulenger, La Meuse à Anseremme, Bruxelles, collection privée

Hippolyte Boulenger

Hippolyte Boulenger, Étude de nuages, ancienne collection Henri Cassiers, Collection vzw De Vrienden van de School van Tervuren

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