Edmond Van Dooren (1895-1965), Ville futuriste, fin des années 1920, lot 572, estimation 8-12.000 euros, vente Moderne de Bernaerts, 21 mars 2017 – www.bernaerts.be

Cette grande toile de la main d’Edmond Van Dooren montrant une Ville futuriste des années 1920 sera mise aux enchères ce 21 mars lors de la vente des Maîtres Modernes chez Bernaerts à Anvers. Dès le premier coup d’œil sur cette composition d’un mètre de haut sur une cinquantaine de centimètres de large, ce sont les images dynamiques d’un monument de l’expressionnisme allemand qui viennent à l’esprit : celles de Métropolis, le film de Fritz Lang (1927) avec ses décors et ses vues en contre-plongée qui écrasent les ouvriers. Comme dans la mégalopole noire et blanche de ce film muet de science-fiction, la ville imaginée par l’artiste belge formé à Berchem puis à Anvers est une création visionnaire en forme d’éloge à la mécanisation. L’influence du film est probable – sans pourtant être avérée – mais il est évident qu’Edmond Van Dooren (1895-1965) subit celle de l’expressionnisme allemand dès l’amorce des années vingt. Il passe à l’abstraction entre 1920 et 1921, année où il publie un recueil de huit linos édité par Het Overzicht. En 1922, il expose avec les cercles Moderne Kunst et Ça ira ! A partir de ce moment, son art redevient figuratif. C’est l’époque des scènes visionnaires, des caricatures et des paysages entre cubisme et futurisme. Bernaerts propose d’ailleurs, dans la même vacation, une Ville sur la colline au coucher de soleil (lot 571, s.d., estimation 2-3.000 euros) où l’influence du cubisme s’accompagne de couleurs plus douces que celles de sa Ville futuriste, plus violente par ses teintes surréelles et son système de ponts qui connectent les bâtiments entre eux. On pourrait penser à l’univers de Piranèse mais surtout au futurisme. La dominante verticale est prise dans une résille d’obliques, les couleurs fortes dans un sfumato de blancs qui disent la vitesse, la machine et semblent ignorer l’homme. C’est un grand moment qui se joue dans l’histoire mais aussi pour cette œuvre attendue autour des 8-12.000 euros. Les moins nantis pourront toujours se tourner vers les Œuvres sur papier mises à l’encan le 23 mars, et opter pour la MAP, un ensemble rare, composé de 7 (sur 8) linos d’Edmond Van Dooren (lot 1448, estimation 1-1.200 euros).

Edmond Van Dooren

Edmond Van Dooren, Ville futuriste, ca. 1920, Bernaerts, Anvers.

 

A propos de l'auteur

Laure Eggericx

Chroniqueuse et journaliste"Historienne de l’art et plasticienne, j’alterne depuis des années la plume et le pinceau pour assouvir et communiquer ma passion de l’art, du patrimoine et de l’architecture. Journaliste pour différents quotidiens (Le Soir, La Libre ...) et magazines (Villas, Les Nouvelles du Patrimoine...), j’ai collaboré à de nombreux ouvrages et expositions concernant aussi bien artistes et artisans qu’architectes contemporains, sites historiques ou balades touristiques. Le marché de l’art est la plus récente corde à mon violon."Laure Eggericx est licenciée en histoire de l’art et archéologie (ULB), graduée en architecture d’intérieur (Saint-Luc-Essai) et diplômée en recherches graphiques et picturales (Académie JJ Gaillard).

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