Près de dix ans après sa dernière exposition personnelle en Belgique, l’artiste français Daniel Dezeuze présente à la Galerie Templon un parcours historique qui va des années 1970 à aujourd’hui. A voir, les solutions à la fois délicates et extrêmes à propos du support et de la surface du tableau. Une quête qui l’occupe depuis une cinquantaine d’années.

Membre fondateur du groupe Supports/Surfaces, Daniel Dezeuze poursuit depuis près de cinquante ans un travail de construction/déconstruction des supports et matériaux traditionnels de la peinture. Pour cela, il n’hésite pas à s’emparer de matériaux considérés comme pauvres, comme ses pairs de l’Arte Povera : bois, grilles, filets, tissus, matériaux récupérés. Au centre de la galerie, sur une cloison, se déroule un croisillon de fines bandes de bois, peintes en rouge. C’est le châssis, dans sa version ultime, dénudé de toute prétention autre que celle d’être là, comme un signe griffant le mur.

Une autre structure, réseau de lattes laquées, toujours ce fameux support transcendé, devient lettre d’alphabet, signe cabalistique, et entre ainsi dans une autre dimension, un ailleurs lointain, une porte par laquelle peut se diffuser de la poésie.

Des cercles de bois, nus, sont encadrés par deux compas ouverts. A côté, les montants du châssis sont devenus des petits segments de bois, fixés les uns au-dessus des autres et formant une sorte d’échelle. Cette structure est peinte. Sur ce support devenu surface, la peinture peut apparaître à nouveau, dans un mouvement ludique.

Pour ses travaux les plus récents, Dezeuze utilise perles et fils de fer, qui sortent comme de jeunes pousses du treillis du support, faisant éclater le cadre dans un jeu plein d’humour. Si chaque proposition des artistes du mouvement Supports/Surfaces est toujours un peu aride, en raison du prérequis strictement installé, voire dogmatique, il est aimable de voir ici comme, avançant en âge, Daniel Dezeuze n’hésite pas à en casser les codes !

Né en 1942 à Alès, Daniel Dezeuze vit et travaille à Sète. Son œuvre influence aujourd’hui toute une nouvelle génération de peintres américains et fait l’objet d’une redécouverte critique outre-Atlantique. Il a été largement exposé depuis les années 1970 ; plus récemment, le FRAC Languedoc Roussillon à Montpellier a consacré une grande exposition à ses dessins fin 2015. Ces dernières années, on a pu voir son travail à Los Angeles (Cherry and Martin Gallery) et à New York (Canada Gallery) en 2014 ; au MAMAC à Nice (2012), à la Centrale for Contemporary Art de Bruxelles (2009), au Musée Fabre de Montpellier (2009).

Daniel Dezeuze
Quand le carré devient cercle
Galerie Daniel Templon
13 A rue Veydt
1060 Bruxelles
Jusqu’au 15 avril
Du mardi au samedi de 11h à 18h
www.danieltemplon.com

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Daniel Dezeuze, vue de l’exposition, Galerie Daniel Templon, courtesy Galerie Daniel Templon, Paris et Bruxelles

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Daniel Dezeuze, vue de l’exposition, Galerie Daniel Templon, courtesy Galerie Daniel Templon, Paris et Bruxelles

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Daniel Dezeuze, vue de l’exposition, Galerie Daniel Templon, courtesy Galerie Daniel Templon, Paris et Bruxelles

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Daniel Dezeuze, vue de l’exposition, Galerie Daniel Templon, courtesy Galerie Daniel Templon, Paris et Bruxelles

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Daniel Dezeuze, Pavillon, 2001, photo Pierre Schwartz, courtesy Galerie Daniel Templon, Paris et Bruxelles

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Daniel Dezeuze, Triangulation magenta, 1975, photo Pierre Schwartz, courtesy Galerie Daniel Templon, Paris et Bruxelles

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