L’encre, l’aquarelle, la terre et la laine sont autant de matériaux à partir desquels Caroline Achaintre bâtit un univers singulier, où l’étrange côtoie l’humour, entre abstraction et figuration. Une démarche qui se nourrit de références culturelles multiples – née en France et élevée en Allemagne, elle est installée à Londres depuis une vingtaine d’années – : de l’expressionnisme allemand à la science fiction, en passant par le primitivisme et la scène heavy metal, voire les dessins animés ! Présentée l’été dernier au Baltic Center for Contemporary Art de Gateshead, près de Newcastle en Angleterre, la première rétrospective de son travail revient sur ses dix dernières années de création. Elle est à découvrir au Frac Champagne-Ardenne, à Reims, jusqu’au 23 avril.

Du fond de la salle, sa silhouette poilue et ses grands yeux ronds, agrémentés d’un discret haussement de sourcils, interpellent le visiteur. Réalisée en 2012, Wanderer est l’une des pièces emblématiques du travail de la laine développé par Caroline Achaintre depuis le début des années 2000. « J’emploie la technique du tuftage, explique-t-elle. Pour cela, je tends mes toiles à la verticale et me place à l’arrière avec un pistolet qui projette les brins de laine à travers le tissu. C’est très physique comme processus et c’est l’une des raisons pour lesquelles je l’affectionne particulièrement. » Une douzaine d’œuvres grand format couvrent les murs des deux niveaux de l’espace d’exposition. De nombreuses céramiques – une pratique débutée il y a six ans –, un ensemble de dessins et une série de gravures complètent la proposition. Quel que soit le support, l’artiste place au cœur de sa réflexion la question de l’autre, de l’ailleurs. Elle nous entraîne dans un « univers parallèle » qui se laisse volontiers décoder, n’exigeant qu’un peu d’imagination pour dérouler son fil narratif et convertir les formes qui le peuplent en compagnons familiers. « Mon intérêt pour l’étrange et le mystérieux m’a amenée très tôt à m’interroger sur la psychologie de personnalités magiques comme à m’intéresser à la figure du clown ; je peignais énormément de visages grimés. De fil en aiguille, je me suis concentrée sur la notion de masque, que l’on ne peut dissocier d’une évocation du primitivisme et de ses effets sur l’histoire de l’art. J’ai d’ailleurs passé beaucoup de temps dans des collections ethnologiques ; j’aime ces petits fragments exotiques venant de l’autre bout du monde. » (…)

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Medias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article  sur www.artshebdomedias.com

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Caroline Achaintre, Fevver, 2008 et Specter, 2017, (c) Caroline Achaintre, photo S. Deman, courtesy Frac Champagne-Ardenne et Arcade Fine Arts

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Caroline Achaintre, photo S. Deman, courtesy Frac Champagne-Ardenne et Arcade Fine Arts

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Caroline Achaintre, vue de l’exposition, photo S. Deman, courtesy Frac Champagne-Ardenne et Arcade Fine Arts

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Caroline Achaintre, vue de l’exposition, photo S. Deman, courtesy Frac Champagne-Ardenne et Arcade Fine Arts

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Caroline Achaintre, Tummocks, 2013, Waffler, 2012 et Efes, 2012, (c) Caroline Achaintre, photo S. Deman, courtesy Frac Champagne-Ardenne et Arcade Fine Arts

 

 

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