Depuis janvier 2016, Carole Schuermans a été engagée par l’asbl La Jeune Peinture Belge-Contemporary Art, pour faire évoluer le Prix de La Jeune Peinture nouvellement baptisé BelgianArtPrize organisé depuis 1950 en étroite collaboration avec le Palais des Beaux-Arts/BOZAR.

Dans le monde feutré de l’art contemporain, de nombreuses personnalités inscrivent leur patte, de manière flamboyante ou discrète. Rencontre avec Carole Schuermans, directrice durant quatre ans de Maison Particulière et qui reprend aujourd’hui les rênes du BelgianArtPrize.

Née en 1972, Carole Schuermans est historienne de l’art et archéologue. Elle a complété sa formation par un Master en Relations Internationales et un Master en Cultural and Social studies. Elle participera pendant ses études à deux campagnes de fouilles avec l’équipe des MRAH en Sibérie, dans les monts Altaï qui traversent la Mongolie, la Russie, le Kazakstan et la Chine. On y trouve des traces de la civilisation nomade Scythes, avec des tombeaux dans lesquels les éléments funéraires, corps, objets sont particulièrement bien conservés en raison des conditions climatiques de la région. Après ses études elle partira sur un chantier de fouilles au Pérou où elle restera 7 ans et fondera sa famille.

Rentrée en Belgique, Carole Schuermans collabore avec Patricia De Peuter et Anne Petre à l’organisation des expositions à l’ING Art Center. Les expositions Sphinx, les Bijoux d’Europe et Océanie conçues par ces deux historiennes de l’art lui ont permis d’acquérir de solides compétences dans le domaine de l’organisation d’expositions, qui s’avèreront d’ailleurs très utiles pour son parcours ultérieur.

Maison Particulière

Contactée par Myriam et Amaury de Solages, Carole Schuermans prend en 2011 les rênes d’un tout nouveau centre d’art, Maison Particulière, qui ouvre ses portes en avril 2012. Les Solages désirent offrir au public la possibilité de vivre l’art comme chez soi, non pas comme dans un musée, une galerie ou une foire. Leur idée étant qu’ainsi on peut mieux appréhender l’œuvre d’art.

J’ai été impressionnée par la générosité des ces grands amateurs qui ont réalisé et porté un projet d’une telle envergure sans but lucratif et destiné au public ”, explique t-elle.

Les 17 expositions en 5 ans ont été organisées à chaque fois par un groupe de 5 à 7 collectionneurs autour d’un thème choisi entre eux. Contrairement à un musée ou un centre d’art qui construit une exposition en empruntant des œuvres ici et là, ici ce sont les collections privées qui sont la base et le démarrage d’un accrochage.

Quatre années passionnantes

“L’expérience à Maison Particulière, durant quatre années, au rythme de trois expositions par an, a été passionnante et enrichissante. Chapeau bas à ce couple qui a mis en place un projet culturel si sophistiqué avec comme unique idée l’envie de partager. Ce fut une offre culturelle immense. Pour chaque exposition les Solages ont réussi le pari de réunir des collectionneurs passionnés autour d’un thème, exercice complexe mais rendu possible grace à la disponibilité et la générosité des collectionneurs qui voyaient leurs oeuvres mises en lien par un jeu de correspondances tant au niveau visuel que conceptuel. Myriam et Amaury ont offert au public l’occasion de découvrir des collections belges mais aussi étrangères – italiennes, françaises, espagnoles et néerlandaises – qui, la plupart du temps, ne sont pas accessibles au public.”

Après cinq années, Maison Particulière ferme ses portes à la fin de sa dernière exposition, From here to eternity, à voir jusqu’au 30 avril. Myriam et Amaury de Solages désiraient que leur centre d’art soit repris par les instances publiques et que celles-ci s’approprient ce projet. C’est la configuration première du projet, si particulière et personnelle qui fait qu’il est difficilement transférable sans en changer l’esprit si… particulier. La décision a alors été prise de fermer Maison Particulière.

Je regrette que Maison Particulière ferme ses portes. Ce centre d’art mettait en valeur la force et l’implication des collectionneurs, réels acteurs dans le monde de l’art et dont j’ai pu apprécier le dynamisme et l’expertise.” poursuit Carole Schuermans.

Jeune Peinture Belge

Le Prix de la Jeune Peinture Belge, nommé plus tard Young Belgian Art Prize, devient, pour l’édition 2017, le BelgianArtPrize. Il aura dorénavant lieu chaque année et durant le mois d’avril qui rassemble à Bruxelles tant d’événements autour de l’art contemporain.

“Depuis janvier 2016, je suis la première personne à avoir été engagée par l’asbl, qui comprend 50 membres,”, détaille Carole Schuermans. “Notre objectif aujourd’hui est de rendre les lauréats et le prix visibles à l’international. Je me suis attelée à adapter les statuts de l’asbl, revoir les méthodes de sélection, créer un nouveau site web, chercher des sponsors, travailler sur une nouvelle identité visuelle, mettre en place la communication, organiser le prix, …”

Premier du genre en Belgique, et bénéficiant du haut patronage de S.M. le Roi, le Prix de la Jeune Peinture Belge, créé en 1950, a acquis une réputation nationale et internationale. Il a récompensé des artistes belges aujourd’hui reconnus internationalement tels que Pierre Alechinsky, Raoul De Keyser, Ann Veronica Janssens, Berlinde De Bruyckere, Marie-Jo Lafontaine ou Hans Op de Beeck. Le premier prix, en 1950, fut attribué à Pierre Alechinsky. Aux débuts du Prix de la Jeune Peinture Belge, les candidats venaient au Palais des Beaux Arts avec leurs œuvres, qui envahissaient littéralement les salles.

BelgianArtPrize

Il n’y a plus de raison aujourd’hui de mettre un critère de sélection lié à l’âge”, explique Carole Schuermans, qui se réfère volontiers à Jonathan Jones, journaliste anglais, en le paraphrasant “the conviction that avant-garde energy, let alone substantial achievement, is confined to young artists is completely unconvincing.“ “Le plus important c’est notre volonté d’offrir aux artistes belges ou vivants en Belgique une plateforme de visibilité internationale. Nous prévoyons pour cela de créer des ponts avec d’autres prix européens comme le Prix Marcel Duchamp en France, le Turner Prize au Royaume-Uni ou le Prix de Rome aux Pays-bas.”

Il n’y a plus d’appel à candidature. La sélection se fait en trois temps, tout d’abord par une nomination par un pool d’experts : directeur de musée, critique d’art, commissaire, galeriste, collectionneurs. Chacun a proposé cinq artistes. Une long-list est ainsi consolidée et c’est un jury qui choisit les lauréats. Cette année, le jury est constitué des directeurs de musée Denis Gielen (MAC’s), Dirk Snauwaert (WIELS), Phillip Van den Bossche (Mu.ZEE) et Philippe Van Cauteren (S.M.A.K.) ainsi que des collectionneurs Gaël Van Lierde-Diercxsens, Frédéric de Goldschmidt et Tanguy Van Quickenborne.

Réuni en octobre 2016 à Bozar, le jury a désigné par un vote à la majorité les artistes Edith Dekyndt, Denicolai & Ivo Provoost, Otobong Nkanga et Maarten Vanden Eynde comme finalistes de l’édition 2017 du BelgianArtPrize. Ces artistes sont invités à exposer des œuvres récentes au Palais des Beaux-Arts du 17 mars au 28 mai.

Dernière étape, un jury international composé cette année de Beatrix Ruf (directrice du Stedelijk Museum Amsterdam), Hans Ulrich Obrist (directeur artistique des Serpentine Galleries à Londres), Dieter Roelstraete (co-commissaire de la Documenta 14), et les collectionneurs d’art Mimi Dusselier (investie dans l’action culturelle depuis plus de trente ans) et Estelle Francès Lasserre (de la Fondation d’Entreprise Francès), présidé par Sophie Lauwers (directrice des expositions à Bozar) et Roland Gillion Crowet (président de l’asbl La Jeune Peinture Belge) choisira le lauréat parmi les quatre finalistes. La proclamation du BelgianArtPrize se déroulera le 19 avril dans le Hall Horta du Palais des Beaux-Arts. Le lauréat se verra récompensé de la dotation financière du Prix Crowet d’un montant de 25.000 € et le gagnant du ING Public Prize, d’un montant de 10.000 €.

Tant de projets

“Au fil de mes différentes expériences, j’ai acquis une large connaissance de la scène artistique belge et internationale. Mon parcours est mû par la force des artistes et l’amour de l’art qui suscitent chez moi un vif intérêt et me procurent une grande joie”, conclut Carole Schuermans.

BelgianArtPrize 2017
Exposition
Bozar
Du 17 mars au 25 mai
Remise du BelgianArtPrize le 19 avril
http://belgianartprize.be/

belgianartprize

Maarten Vanden Eynde, Wheel of Fortune, 2015,

belgianartprize

Edith Dekyndt, Laboratory 01 – Replica, 1995-2016, Wiels, photo Sven Laurent

belgianartprize

Denicolai & Provoost, Ausburgern, baby !, performance 2013

belgianartprize

Otobong Nkanga, Steel to rust – Meltdown (détail), 2016, photo Wim Van Dongen

 

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