Nous avions pu découvrir le travail de Serena Fineschi chez Officina Fondaco à Bruxelles en avril 2016. Cette artiste originaire de Sienne est fascinée par la matière, vue comme une métaphore d’états émotionnels et philosophiques. Aujourd’hui, la voici une nouvelle fois exposée à Bruxelles, invitée par Marina Dacci, directrice de la Collezione Maramotti et Frédéric de Goldschmidt, collectionneur bruxellois.

Aborder l’abstraction par le versant de la psychanalyse, c’est ce qui occupe Fineschi. Sous le titre Darstellung – représentation – elle invite notre œil à effleurer ce qui se passe entre une image pensée puis suggérée et une image représentée. Dans cet entre-deux en perpétuelle mouvance, le geste de l’artiste prend tout son sens, puisqu’il fait émerger une image, une représentation issue d’une alchimie personnelle, profonde, presque indescriptible. Que le visiteur peut accueillir.

Sur plusieurs surfaces précises : panneaux de bois, plaques de métal, papiers, Fineschi travaille la texture avec impétuosité. Le papier est chiffonné puis déplié, le processus créant une texture presque… narrative, qui dit le processus, la transformation, et la nouvelle représentation, une sorte d’épiderme délicat. Sur une plaque de métal trouvée dans les rues de Bruxelles, la matière s’attache, devient sol, terre, surface lunaire, minérale. Sur un panneau de bois que l’artiste a mordu au ciseau, d’un geste vif et plein de rage, la matière devient terre labourée, texture recouverte de peinture noire, teinte qui appelle l’œil à s’enfoncer, se perdre dans ces champs non semés.

Penser l’œuvre, comme le fait tout artiste, n’empêche pas celui-ci de mettre une puissance et une sensibilité dans la réalisation strictement matérielle de celle-ci. Dans les œuvres de Fineschi, c’est cela qui se joue, le lien comme une fente entre deux réels, deux moments, entre pensée et œuvre. A l’entrée, un moulage en bronze de la main de l’artiste, comme abandonnée, sur un socle. Une manière de montrer que la main, celle qui procède au processus de création, agit parfois presque seule, loin de la pensée et des concepts, juste dans le faire. Et la poésie émerge…

Serena Fineschi vit entre Sienne et Bruxelles. Elle a étudié à l’Institut d’Art de Sienne et s’est formée en graphisme à Sienne, Florence et Milan ainsi qu’en histoire de l’art contemporain à l’Université de Sienne. Elle est l’une des fondatrices de Grand Hotel, un projet nomade mené en collaboration avec de nombreux artistes. Fineschi a notamment participé à des expositions au Museo d’Arte Moderna e Contemporanea Raffaele de Grada à San Gimignano, au Centro Arte Contemporanea Palazzo delle Papesse à Sienne, à l’Officina Fondaco à Bruxelles et à la Galerie Escougnou-Cetraro à Paris.

Serena Fineschi
Darstellung
11 rue de Barchon
1000 Bruxelles
Jusqu’au 11 mars
Du mardi au samedi de 14h à 18h

Serena Fineschi

Serena Fineschi, Mi lascio cadere, 2017

Serena Fineschi

Serena Fineschi, Naufragio, 2017

Serena Fineschi

Serena Fineschi, L’attesa, 2017

Serena Fineschi

Serena Fineschi, Gloria, détail, 2017

Serena Fineschi

Serena Fineschi, Melancholia, 2017

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.