Le MILL (anciennement Musée Ianchelevici) célèbre les trente ans de sa création par un programme touffu qui mêle les expositions rétrospectives aux invitations d’artistes contemporains. Une manière de résoudre avec élégance le dilemme des musées monographiques. Et pour emballer le tout, la façade néoclassique du musée sera rhabillée par les étudiants de l’Ecole Supérieure des Arts de Mons Arts2.

Dans les années 1980, une dizaine d’années avant sa mort, l’artiste d’origine roumaine Idel Ianchelevici a légué l’essentiel de son œuvre à la ville de la Louvière qui l’a très tôt soutenu. Plâtres, bronzes, marbres, dessins, médailles, plus de 200 pièces ont trouvé place dans l’ancien bâtiment néoclassique de la justice de paix dressé sur la Place Communale. Très vite, le musée est sorti de sa vocation monothématique en s’ouvrant sur d’autres artistes, sculpteurs toujours. En 2016, le musée a achevé sa mue en adoptant un nouveau nom, facile en bouche, le MILL. Pour fêter les 30 ans de son inauguration, le désormais centre d’art propose pour 2017 un menu copieux d’expositions rétrospectives et de confrontations entre des artistes contemporains et le travail de Ianchelevici.

Des silhouettes charnelles, puissantes et rugueuses des années 1930 aux formes plus douces, lisses et épurées des années 1950-1960, la diversité de l’œuvre de Ianchelevici se prête à bien des dialogues artistiques. Les sculptures aux textures minérales imprégnées de poudre de marbre et de pigments naturels de Claudine Peters-Ropsy occupent la salle des marbres, alors que des œuvres sur papier où irradient un bleu royal dialoguent avec les bronzes de la salle africaine. En écho de l’admiration de Ianchelevici pour le Congo où il séjourna à plusieurs reprises, le MILL accueille en avril une rétrospective consacrée au sculpteur congolais Aimé Mpane, regard critique sur la corruption et les exactions qui ravagent aujourd’hui le grand pays africain. En juin, le volubile et tentaculaire trait bleu de l’artiste bruxellois Dany Danino questionnera, sur plus de 120 m², les formes lisses et apaisées du sculpteur roumain.

Le peintre d’origine russe Léopold Survage est un des maîtres méconnus du début du XXe siècle. Ami d’Apollinaire, auteur de décors pour les ballets russes de Diaghilev, il suivit un parcours atypique passant de l’abstraction au cubisme figuratif. Il fut aussi un ami de Ianchelevici et, à ce titre, parfaitement chez lui au MILL. « Nous sommes à l’origine de cette exposition, souligne Valérie Formery, la directrice. Je savais que les deux artistes s’étaient rencontrés en 1958 sur le chantier du palais des Congrès de Liège, où l’un réalisait un bas-relief et l’autre une fresque de 100 m². Daniel Abadie a accepté d’être le commissaire de cette importante rétrospective pour laquelle nous avons rameuté les collectionneurs et les musées. Avant La Louvière, l’exposition tournera dans trois musées français à Collioure, Béziers et Alès pour ensuite se clôturer à Nevers. »

L’équipe du MILL veille aussi sur un trésor invisible, à savoir la collection de plus de 1000 pièces rassemblées par la ville de La Louvière et soustraite au public depuis la fermeture du Château Gilson en 1965. On y trouve des échos des mouvements artistiques qui se sont développés en Hainaut, d’Anna et Eugène Boch et Pierre Paulus à Magritte et Alechinsky. Depuis une quinzaine d’années, elle s’oriente vers la création contemporaine grâce à une politique d’achat ciblée. Parfois prêté et rarement montré à l’exception d’accrochages dans les bâtiments communaux, ce patrimoine bénéficiera d’une mise en lumière en 2018-2019 à l’occasion des 150 ans de la ville à la louve.

MILL
21 Place Communale
7100 La Louvière
Du mardi au vendredi de 11h à 17h
Samedi et dimanche de 14h à 18h
www.ianchelevici.be

MILL

Aimé Mpane, Masque Picasso Pende, MILL

MILL

Ianchelevici, Le Patre, MILL, photo Bernard Vanroye

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Dany Danino, MILL, photo Bernard Vanoye

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Façade du MILL, intervention des élèves d’ARTS2 Mons

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