Dans les grands espaces de la Roberto Polo Gallery, deux artistes aux cimaises. D’un côté, Marc Maet avec de grands formats abstraits et de l’autre côté, Michaël De Kok qui s’essaie – lui aussi – à l’abstraction.

On le dit, on le répète, c’est le grand retour de la peinture, après des années parfois un peu arides d’art conceptuel à tout crin. Voici ici Marc Maet, un artiste brugeois qui mit fin à ses jours à 45 ans. Il a pourtant toute une vie de création passionnante. « Tous les tableaux que j’ai réalisés sont pour toi. Fais-en ce que tu voudras, mais veille à ce qu’ils ne tombent pas entre les mains des nombreux charognards et mouches à merde qui peuplent le petit monde de l’art. Si tu es très en colère contre moi – et les raisons ne manquent pas –alors brûle-les », écrivit-il à sa femme avant son suicide en 2000. Ce terrible message en dit long sur la difficulté pour un artiste, qui fut encensé dans ses jeunes années puis oublié des galeries, de tracer son chemin.

On regarde avec d’autant plus de tendresse cette immense toile noire mate, barrée de quelques traits brillants ton sur ton, éclaboussée de points blancs en relief – petites météorites dans une voie lactée noire. Une masse de noir, intense. Puissante. On est comme aspiré par la toile. En face, un immense cercle en relief, sur un fond beige crémeux.

De l’autre côté, Michaël De Kok, qui passe du paysage à la presque abstraction. Dans ses peintures aux larges aplats brossés, on capte un souvenir du paysage. Entre deux couleurs, une zone où se raconte encore un peu d’une vallée, d’un horizon, d’un ciel sur un champ. Ne vous laissez pas prendre par le fait qu’il accroche sa peinture à la verticale ! Ici un rose foncé va vers le rose pâle et puis un vert intense. On dirait une aube verticale sur une montagne rouge. Là, trois couleurs, rouge brûlant, beige sable, bleu… ciel. Toujours ce reste de paysage. Pour les deux artistes, la couleur, plutôt que la texture ou la composition, est centrale. On s’en régale, ça vibre, ça éclabousse.

Marc Maet – Michaël De Kok
Roberto Polo Gallery
8-12 rue Lebeau
Jusqu’au 19 mars
Du mardi au vendredi de 14h à 18h, samedi et dimanche de 11h à 18h
robertopologallery.com

Roberto polo

Marc Maet, Stars and Language, 1988, Roberto Polo Gallery, courtesy Marc Maet Estate et Roberto Polo Gallery

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Marc Maet, Est, 1989, Roberto Polo Gallery, courtesy Marc Maet Estate et Roberto Polo Gallery

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Marc Maet, Masked Man, 1993, Roberto Polo Gallery, courtesy Marc Maet Estate et Roberto Polo Gallery

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Michaël De Kok, Light 16, courtesy l’artiste et Robert Polo Gallery

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Michaël De Kok, Light 17, courtesy l’artiste et Robert Polo Gallery

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Michaël De Kok, Light 20, courtesy l’artiste et Robert Polo Gallery

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Michaël De Kok, Light 11, courtesy l’artiste et Robert Polo Gallery

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