Le CID accueille une exposition imaginée par le MUDAC, musée du design et des arts appliqués de Lausanne. 150 pièces où les chefs-d’œuvre de la tradition horlogère dialoguent avec les créations poétiques, ironiques ou pratiques d’artistes ou designers contemporains.

L’heure est une des plus belles inventions de l’homme. Découper le temps qui passe, en une journée et une nuit, en 24 heures de soixante minutes et autant de secondes a été une délivrance autant qu’un fardeau. Et une bénédiction pour les horlogers. L’Éloge de l’heure, une exposition conçue par le MUDAC de Lausanne, prend aujourd’hui ses quartiers dans le Magasin aux Foins du Grand Hornu. Elle rassemble quelques-unes des réalisations les plus sophistiquées et les plus étonnantes des artisans horlogers passés et présents ainsi que le regard oblique que posent les artistes et designers sur la mesure du temps.

Breloques mystérieuses

Enfermée, cachée dans une montre de poche, l’heure peut se révéler mystérieuse comme cette montre du 19ème siècle où les aiguilles semblent flotter derrière un cadrant transparent. Ces aiguilles, dont on a dit qu’elles sont les doigts qui montrent l’heure, ont parfois laissé la place à une pastille mobile qui se déplace le long d’un arc de cercle ou à des chiffres qui apparaissent dans un guichet. Montres-bijoux, l’association produit des merveilles comme ces breloques mystérieuses où la montre est dissimulée dans un bijou en forme de melon, de poire ou de crâne. Le temps est peut être éternel, nous ne le sommes pas. Poétique, ironique, le regard des artistes est susceptible de nous guérir de notre addiction à la trotteuse. La montre de Bina Beitel nous regarde. Son cadran est tapissé de cils qui s’écartent pour indiquer l’heure. Les Anglais de Poetic Lab créent une horloge lampe qui indique l’heure par ses ombres projetées sur le mur. Alicja Kwade n’a retenu que les aiguilles pour une frise verticale qui compile une semaine de tours d’horloge.

Satanés mécanismes

Pressé par le rythme infernal qui agite les aiguilles ? Bertrand Planes a la solution avec sa Life Clock, ralentie 61.320 fois pour faire le tour du cadran tous les 84 ans. Quelques designers inversent le rapport de soumission à ces satanés mécanismes par des horloges qui fonctionnent sur demande. L’horloge interactive de Eric Morzier affiche un agrégat de petits points lumineux qui flottent tout aléatoirement. Un toucher du doigt sur l’écran et les points se rassemblent pour former des aiguilles et un cadran. Avec son Horloge aide mémoire, Pierre Charrié a pensé aux têtes de linotte, toujours en retard de quelques chose. Des ardoises déroulantes permettent de faire coïncider une date et une heure avec le menu du jour, une émission télé, l’anniversaire de tantine ou un rendez-vous chez le toubib. Grâce à un cordon et un joli pompon, elle délivre aussi des messages vocaux. La mesure du temps n’est pas qu’une affaire de machines comme nous le montre la vidéo Standard Time de Mark Fromanek. On y voit sur un terrain en friche de la banlieue berlinoise, une équipe d’ouvriers casqués installer et démonter les planches qui forment les chiffres bâtons caractéristiques de l’affichage digital. La vidéo dure 24 heures et peut évidemment servir d’horloge. Il y a soixante ouvriers différents. Ils vont nous aider à passer le temps.

L’Éloge de l’heure
CID Grand Hornu
82 rue Sainte-Louise
7301 Hornu
Jusqu’au 30 avril 
Du mardi au dimanche de 10 à 18h
www.cid-grand-hornu.be

Eloge de l'heure

Bina Baitel, Lash Clock, L’Eloge de l’Heure, CID Grand Hornu

Eloge de l'heure

Bertrand Planes, Lucille Blanche, Life Clock, L’Eloge de l’Heure, CID Grand Hornu

Eloge de l'heure

Darren Almond, Perfect Time, L’Eloge de l’Heure, CID Grand Hornu

Eloge de l'heure

Mark Formanek, Standard Time, L’Eloge de l’Heure, CID Grand Hornu

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.