Située pour rappel dans la cour rénovée des anciennes casernes des pompiers de Bruxelles, à deux pas des puces et des chineurs opiniâtres de la place du Jeu de Balle, la MM Gallery expose en très grande majorité – osons donc parler de spécialité – de l’abstraction colorée. Jusqu’au 29 janvier, Sylvie Morel et Marc Minjauw organisent une exposition collective, échantillon du travail de leurs dix artistes.

Les deux galeristes ont tenu à organiser la scénographie de sorte que les œuvres soient puissantes les unes aux côtés des autres, sans jamais se faire de l’ombre ni se dévorer. Un parcours dans cette petite galerie offre au visiteur de voguer de l’art abstrait lyrique à un autre plus constructif et géométrique, en passant par un juste milieu, un « half-en-half, comme on dit chez nous ! », dit Marc Minjauw.

Marc Renard, artiste bruxellois, peint depuis près de quarante ans. La grande pièce exposée marque un tournant pour le moins innovant dans la carrière de l’artiste : celle de l’utilisation de pochoirs à perspectives.

Kiro Urdin est le peintre le plus internationalement connu de la galerie, adopté aussi tout récemment par deux grandes galeries aux Etats-Unis. A 71 ans, l’artiste d’origine macédonienne est aussi bien peintre que cinéaste, sculpteur que photographe. Il possède à son actif près de 5000 œuvres, 22 livres de poésie, 12 films écrits et produits. Sont exposées dans la galerie des aquarelles noires ainsi que d’autres relevées par du bleu. Pour ce début d’année, Urdin s’est aussi proposé de faire une petite série moins onéreuse composée de dessins ou d’aphorismes de sa composition.

On situe davantage Gérard Stricher dans ladite action painting. L’artiste prend la peinture littéralement à bras le corps en plongeant ses mains dans ses pots, réalisant tantôt de l’abstraction, tantôt de la figuration expressionniste qu’on pourrait rapprocher du mouvement CoBRA.

Le Liégeois Luis Salazar centre sa peinture sur l’art abstrait géométrique. Son travail est d’une extrême rigueur et précision : on retrouvera dans ses différentes peintures des formes récurrentes et des séparations nettes entre couleurs et textures.

Seize Happywallmaker tire son nom d’artiste de plusieurs histoires. Street artiste avant tout, cet enjoliveur des murs peint des fresques monumentales de plus de quarante mètres carrés. La toile exposée fonctionne sur l’idée du mandala, support de méditation et de paix intérieure, et fait songer à un réseau, ce dernier n’étant autre qu’un reliquat de dix années comme conducteur de bus à la RATP.

Pascal Courcelles est un expert de la peinture lyrique et d’abstraction à l’huile. Plusieurs petits formats – qui se trouvent être en fait ses palettes de peinture – sont à voir ici. Le travail de Claudie Laks s’apparente à de la typographie énigmatique, de très grande taille et avec énormément de couleurs. C’est la gestuelle particulièrement perceptible de l’artiste qui a séduit les galeristes.

En arrière-boutique, on retrouve également l’hyperréalisme de Philippe Huart, artiste parisien. Enfin, la série Paysage d’Angelo Vullo est saisissante de finesse et de précision ; elle témoigne de la profondeur infinie d’un univers, infinie au point qu’on ne retrouve aucune fuyante dans les perspectives. Une exposition lui sera consacrée dans la galerie au mois de mars prochain et nous, on y sera, c’est certain !

Group Show
MM Gallery
68 place du Jeu de Balle
1000 Bruxelles
Jusqu’au 29 janvier
Du vendredi au dimanche de 11h à 17h
http://www.mmgallery.be/

MM Gallery

Kiro Urdin, Blue Tendresse, 2016, courtesy l’artiste et MM Gallery

MM Gallery

Pascal Courcelles,
Au-dessus du Monde, 2015, courtesy l’artiste et MM Gallery

MM Gallery

Luis Salazar, Sans titre, courtesy l’artiste et MM Gallery

MM Gallery

Angelo Vullo, Paysage 06, courtesy l’artiste et MM Gallery

MM Gallery

Seize Happywallmaker, Mantra Urmanoïde, courtesy l’artiste et MM Gallery

 

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