Willy Ronis, Le petit Parisien, Paris, épreuve argentique signée, Succession Willy Ronis, Collection Stéphane Kovalsky, estimation 8-10.000 euros, lot 107, vente du 13 décembre chez Artcurial, Paris – www.artcurial.com

Ce 13 décembre 2016, Artcurial mettra aux enchères à Paris quelque 160 photos de Willy Ronis provenant de la collection de son petit-fils, Stéphane Kovalsky. Cet extraordinaire ensemble, qui nous emmène de Venise à New York en passant par Nice ou Prague pour toujours revenir à Paris, est un grand kaléidoscope du XXe siècle, saisi par cet immense artiste humaniste qui vécut presque centenaire ! Figure de la photographie moderne, au même titre que Henri Cartier-Bresson ou Robert Capa, Willy Ronis (1910-2009) chroniqua toute sa vie – notamment au sein de l’agence Rapho – la vie quotidienne française.

Témoin de la vie ouvrière et paysanne, il documenta également la mutation des pays de l’Est de l’Europe d’après-guerre. Son art est indissociable du lieu, de l’époque. C’est un homme de terrain, un reporter hors pair qui arpente les rues, se mêle aux manifestants pendant les grèves mais qui se plaît également à entrer dans l’intimité d’une femme à sa toilette (son Nu provençal qui fait fort penser à ceux de Bonnard) ou de deux amoureux s’embrassant au cœur de Paris (Les amoureux de la Bastille). Il rend la force d’un événement, l’intensité d’un regard, immortalise des scènes de joie comme de peine mais aussi les moments simples de la vie de tous les jours.

Son Petit Parisien (lot 107) est un portrait attachant d’un gamin en culottes courtes, souriant en courant, une baguette aussi grande que lui sous le bras… L’image, iconique, est parfaite de spontanéité. Prise sur le vif, elle se passe de commentaire, renvoyant simplement et tout naturellement au cœur de Paris à une certaine époque. Fin observateur, Willy Ronis a le sens de la formule et l’œil sensible à la qualité de l’instant, du cadrage et du jeu de la lumière. Témoin des grandes mutations de la société, ses œuvres font écho à l’actualité mais aussi aux menus plaisirs de l’existence : le jazz, les autos-tamponneuses, les bords de Marne, les vacances…

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Willy Ronis, Le petit Parisien, Paris, Artcurial

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