James Ensor, Squelette arrêtant masques, huile sur toile, 1891, estimation 1-1,5 million d’euros, vente le 7 décembre 2016 à Paris chez Sotheby’s – www. sothebys.com

Voilà 125 ans qu’une comédie jouée par d’impétueux masques et un squelette coiffé d’une toque de fourrure noire se trame à l’abri des regards. Peinte par James Ensor en 1891 à Ostende où la toile a été conservée par une même famille, Squelette arrêtant masques est dévoilée aujourd’hui au public et aux collectionneurs puisqu’elle est mise aux enchères dans la vente Art Impressionniste et Moderne ce 7 décembre à Paris. L’événement est de taille pour cet artiste belge qui joue un rôle important sur le marché international. Ajoutons à cela la grande fraîcheur de cette œuvre aux couleurs chatoyantes qui semble être un chaînon manquant pour la lecture et la compréhension de l’œuvre de James Ensor.

Cette huile date de la période la plus féconde et la plus novatrice de l’artiste, une période qui correspond à celle du Cercle des XX mais également à celle où il perd deux de ses proches les plus chers : son père et sa grand-mère. La mort l’obsède et imprègne la plupart de ses tableaux. Triomphante, elle fait une entrée grandiloquente sous les traits du Christ dans L’entrée du Christ à Bruxelles (1889). En 1891, l’année du tableau de Sotheby’s, le martyr atteint son apogée avec L’homme de douleur et avec Squelette se disputant un hareng saur où l’identification avec Ensor se fait de plus en plus prégnante.

L’hypothèse selon laquelle Ensor se serait peint sous les traits d’un squelette dès 1890 est corroborée par la redécouverte du Squelette arrêtant masques, qui serait un autoportrait de l’artiste déguisé dominant une mystérieuse mascarade bigarrée. A la fois angoissante et criarde, elle mêle le cauchemar à la farce et à la satire d’une pièce de théâtre qui a bien des accointances avec la vraie vie, sous de vrais cieux de chez nous, sombres, tourmentés et lumineux. De la toute belle ouvrage, à saisir à Paris mais qu’on a pu contempler à Bruxelles en preview.

 Squelette arrêtant masques

James Ensor, Squelette arrêtant masques, 1891, Sotheby’s, Paris

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