Sur un fond bleu canard, posés sur de petits socles, voici d’étranges totems en céramique brute, dans des tons allant du rouge au jaune et vers le beige. Les précédant, posés sur le sol, une multitude de parallélépipèdes rouge-brun, sorte de ville composée de petits immeubles sans fenêtre. Les sculptures de Patrick Carpentier sont à découvrir chez Rossicontemporay mais aussi dans la Project Room du Wiels.

Les médiums utilisés habituellement par Patrick Carpentier – photographie, verre, marbre, parole, etc. – ont laissé la place ces derniers temps à la céramique. En allant tout simplement s’inscrire dans un atelier à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. Ce matériau primal, archaïque, permet d’interroger la forme en direct.

Ainsi ces parallélépipèdes puis ces cylindres de tailles diverses, objets silencieux, à la texture légèrement granuleuse – la terre chamottée – peuvent être soit regroupés, soit empilés. Cet assemblement les rendant tout d’un coup sensibles, c’est-à-dire dégageant quelque chose de l’ordre de l’émotion. Sur le mur bleu-vert, ils ont des allures de totems primitifs. Leurs couleurs semblent celles d’objets longtemps enfuis dans le sol, antiquités qui auraient été fraîchement redécouvertes. Ces petits assemblages aux lignes légèrement zigzagantes semblent des représentations de quelques divinités oubliées. Elles font pourtant référence à l’art moderne et à l’œuvre de Morandi sur laquelle Patrick Carpentier s’est penché.

« Lors de mes recherches autour de la nature morte, je me suis intéressé à une particularité rencontrée dans la peinture de Giorgio Morandi. Il y met en scène divers objets alignés : bouteilles, bols, parfois un coquillage ou un fruit, dans des tons monochromes, suivant des angles sans cesse renouvelés. On y trouve un objet récurrent, mystérieux, qui se distingue et qui n’a l’air d’offrir aucune utilité. Une sorte de brique pleine, un parallélépipède mat qui n’a rien à faire avec une nature morte normale. De différentes tailles et couleurs, faux objets contrastant avec les autres. Est-ce que ces parallélépipèdes n’auraient d’autre utilité que de tromper l’ennui ou d’empêcher la banalité ? Je me suis mis à reproduire ces parallélépipèdes en terre », explique l’artiste.

Au Wiels, on retrouve ces silhouettes, en plus grand et en grès noir – couleur qui ajoute une puissance – regroupées comme les quelques habitants d’un hameau silencieux, sur le béton brut du sol. Patrick Carpentier a été en résidence au Wiels en 2015. L’exposition dans la Project Room est une des conclusions de ce séjour.

Patrick Carpentier
And I told You
Rossicontemporary
Rivoli Building 
690 chaussée de Waterloo
1180 Bruxelles
Jusqu’au 7 janvier 2017
Jeudi et vendredi de 13h à 16h, samedi de 14h à 18h
http://www.rossicontemporary.be/

Et

Now That I Am Gone Project Room
Wiels

354 avenue Van Volxem
1190 Bruxelles
Jusqu’au 4 décembre
www.wiels.org

Patrick Carpentier

Patrick Carpentier, courtesy l’artiste et Rossicontemporary, photo Vincent Everarts

Patrick Carpentier

Patrick Carpentier, courtesy l’artiste et Rossicontemporary, photo Vincent Everarts

Patrick Carpentier

Patrick Carpentier, courtesy l’artiste et Rossicontemporary, photo Vincent Everarts

Patrick Carpentier

Patrick Carpentier, courtesy l’artiste et Rossicontemporary, photo Vincent Everarts

Patrick Carpentier

Patrick Carpentier, courtesy l’artiste et Rossicontemporary, photo Vincent Everarts

Patrick Carpentier

Patrick Carpentier, courtesy l’artiste et Rossicontemporary, photo Vincent Everarts

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