Léon Wuidar peint et expose depuis les années 1960. Sa peinture reprend sans relâche des motifs abstraits géométriques dans une valse non dénuée de poésie. Exposé cette année pour son travail récent à la Galerie Albert Dumont au Sablon, il est aujourd’hui aux cimaises de la Galerie Rodolphe Janssen pour des œuvres des années 1980.

Léon Wuidar se dit passionné par l’architecture depuis tout petit. « Est-ce une difficulté à bien entendre, dès l’enfance, qui a fait que j’ai regardé le monde qui m’entourait ? Je me souviens avec émerveillement des piles des ponts détruits entourées d’un flot silencieux. Le monde inanimé fascinait mon regard. La modestie des lieux n’empêchait pas mes yeux de les contempler longuement. C’est beaucoup plus tard que j’ai découvert le mot métaphysique. L’atelier de mon père – il coupait des vêtements de travail – était un lieu encombré de formes découpées en papier ou en carton, pendues les unes devant les autres. Elles présentaient des traces blanches, roses ou bleues de craies de tailleur », explique-t-il.

Si le cadre restreint de la toile lui convient, Léon Wuidar a créé de nombreuses intégrations pour des espaces publics intérieurs et extérieurs : panneaux, motifs muraux, émaux, vitraux. « L’exercice de la peinture de chevalet a ceci de particulier que l’œuvre n’est destinée ni à un lieu ni à une personne, au contraire de la commande pour une architecture. C’est donc un travail de laboratoire, en plus du plaisir même de peindre. La présence d’un cadre peint s’est imposée peu à peu. Son exécution reste lente, mais il présente des avantages comme de limiter la composition, de mettre en évidence toutes les tensions asymétriques », poursuit-il.

Ici, dans une palette réduite de couleurs vives, formes, lignes droites ou courbes se répondent en des motifs récurrents et chantants. Derrière l’aspect figé de l’abstraction géométrique se déplie un univers fait d’aplats précis, souvent mis en miroir. Ainsi, partant du centre de la toile, se déroulent à gauche quelques rectangles, tandis qu’à droite les formes s’épanouissent en deux courbes sensuelles. Plus loin, le rectangle de la toile sert de terrain de jeu à une série de rectangles de couleur, tandis que le coin en bas à droite est barré d’une diagonale. On découvre aussi ses carnets de croquis, somptueux, sur les pages desquels se déploie sa recherche lente, patiente et quotidienne – voir à ce sujet le titre des œuvres –, une déclinaison de formes créant comme un alphabet. Et une très belle écriture de formes.

Léon Wuidar est né à Liège en 1938. Il vit et travaille à Esneux en Belgique, dans une remarquable maison moderniste de l’architecte Charles Vandenhove. Son travail figure dans les collections de différents musées ainsi que dans diverses collections publiques telles que les MRBAB et la Bibliothèque royale à Bruxelles, le Musée de l’Art Wallon ou encore le Cabinet des Estampes à Liège.

Léon Wuidar
Galerie Rodolphe Janssen
32 rue de Livourne
1050 Bruxelles
Jusqu’au 23 décembre
Du mardi au vendredi de 10h à 18h, samedi de 14h à 18h
www.rodolphejanssen.com

Léon Wuidar

Léon Wuidar, 18 janvier 85, 1985, courtesy l’artiste et Galerie Rodolphe Janssen

Léon Wuidar

Léon Wuidar, 4 mai 86, 1986, courtesy l’artiste et Galerie Rodolphe Janssen

Léon Wuidar

Léon Wuidar, 28 avril 84, 1984, courtesy l’artiste et Galerie Rodolphe Janssen

Léon Wuidar

Léon Wuidar, décembre 88, 1988, courtesy l’artiste et Galerie Rodolphe Janssen

Léon Wuidar

Léon Wuidar, 29 octobre 82, 1982, courtesy l’artiste et Galerie Rodolphe Janssen

Léon Wuidar

Léon Wuidar, carnet de notes, 1988, courtesy l’artiste et Galerie Rodolphe Janssen

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.