Dans l’exposition Degas Rodin, le Musée Von der Heydt-Museum de Wuppertal, en Rhénanie, confronte la modernité d’Edgar Degas et d’Auguste Rodin, deux grands créateurs de la Belle Epoque. On y découvre une abondance d’œuvres importantes, des bronzes, des marbres… Une merveille.

Aucun musée belge ne pourrait se permettre cela. Et pourtant Wuppertal n’est pas la ville la plus riche de Rhénanie. En revanche, elle a attiré de nombreux d’artistes parce que les ateliers – des usines abandonnées – y étaient abordables et peu éloignés de Düsseldorf la riche. Pina Bausch et Anthony Cragg, parmi beaucoup d’autres, s’y sont installés. Wuppertal a conservé un curieux tram aérien, construit jadis par Eiffel et qui a survécu aux bombardements. Le centre a un côté bruxellois : le musée n’est qu’à cinq minutes de la gare, mais on traverse un chantier dont on se demande où il pourrait bien mener !

L’entrée de l’exposition rappelle encore la Bruxelles fin-de-siècle avec trois plâtres de cariatides et d’atlantes – hélas disparues – que le jeune Rodin a réalisés pour des maisons au boulevard Anspach. On retrouve aussi cette période bruxelloise (1871-1873) dans la section Paysage avec quelques vues jamais exposées en Belgique des environs de la Forêt de Soignes. Le paysage n’a pourtant que peu d’importance dans l’œuvre de Rodin, ainsi que dans celle de Degas. Les sculptures et dessins occupent les autres salles. La présentation de grandes pièces au centre des espaces a permis de les entourer d’études et de les comparer à d’autres. Il y a vraiment une abondance de pièces, surtout de Rodin, dont les sculptures existaient en différents formats, car il les commercialisait abondamment. Degas n’a jamais autant commercialisé sa sculpture car il était très riche.

Les deux artistes s’intéressaient beaucoup à la photographie. Degas s’inspira des séries de mouvements de personnes et de chevaux d’Eadweard Muybridge. Pour Rodin, les photos faisaient plutôt partie d’un ensemble d’études. On peut suivre la destinée de la Petite danseuse de 14 ans de Degas grâce à la photographie. Il ne fit couler qu’un exemplaire en bronze de cette œuvre car elle provoqua un scandale dans la bonne société à cause de la jeunesse du modèle. Rodin n’a jamais appartenu au beau monde parisien. Il a eu la chance de rencontrer des hommes politiques appréciant son travail. Mais cela est l’Histoire. La confrontation de leurs œuvres et formats respectifs est une promenade des plus instructives et agréables, dans un musée – et une région riche en musées – à découvrir.

Edgar Degas – Auguste Rodin
Musée Von der Heydt-Museum
Wuppertal
Allemagne
Jusqu’au 26 février 2017
www.von-der-heydt-museum.de

Degas Rodin

Edgar Degas, Arabesque, troisième position, Musée Von der Heydt-Museum

degas rodin

Auguste Rodin, L’âge de bronze, 1877, Musée Rodin, Paris

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Auguste Rodin, Etude de danse, 1911, Musée Rodin, Paris, photo Christian Baraja

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Auguste Rodin, Danseuse cambodgienne, 1906, Musée Rodin, Paris, photo Jean de Calan

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Edgar Degas, Trois danseuses, photo Peter Schibli

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Edgar Degas, Trois danseuses, photo Peter Schibli

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Edgar Degas, Trois danseuses, 1903, Fondation Beyeler, Riehen/Basel, Sammlung Beyeler, photo Peter Schibli, Basel

 

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