Soulèvements est l’événement de cette fin d’année à Paris. L’exposition à ne pas manquer. Le Jeu de Paume a confié au philosophe et historien Georges Didi-Huberman une réflexion sur les agitations, révoltes et autres bouleversements de notre monde contemporain. D’une richesse incroyable, le parcours proposé ne néglige ni l’esthétique, ni le politique. L’art quand il engage à être pleinement humain.

Les éléments sont déchaînés, les gestes intenses, les mots exclamés, les conflits embrasés et les désirs indestructibles. Pour Soulèvements, Georges Didi-Huberman s’impose en dramaturge et livre une exposition en cinq actes. Cinq espaces de pensée propulsée par des œuvres choisies avec un soin et une exigence extrêmes. Un travail considérable évoqué par la directrice du Jeu de Paume, Marta Gili, comme un défi à la fois intellectuel, muséographique et artistique. Soulèvements synthétise les préoccupations, les indignations et les révoltes d’un monde en pleine crise de croissance et d’insuffisance. Un monde gorgé « de désordres sociaux, d’agitations politiques, d’insoumissions, d’insurrections, de révoltes, de révolutions, de vacarmes, d’émeutes, de bouleversements en tous genres », comme le souligne l’exposition. Il est ici question d’esthétique et de politique. D’un dessin de Courbet aux dispositifs artistiques contemporains, Didi-Huberman entraîne le visiteur dans sa réflexion. « Les sombres temps ne sont si sombres que parce qu’ils viennent buter sur nos fronts, comprimer nos paupières et offusquer nos regards. Comme des frontières posées à même notre corps et notre pensée. En réalité (si on les regarde à quelque distance) ils sont gris. Gris maussade des ciels de pluie et, surtout, gris anthracite des barbelés, des armes de guerre ou du plomb qu’utilisèrent les prisons les plus cruelles. Les sombres temps sont des temps de plomb. Non seulement ils empêchent notre capacité de voir au-delà et, donc, de désirer, mais ils pèsent lourd, ils pèsent sur nos nuques, sur nos crânes, façon de dire qu’ils étouffent notre capacité de vouloir et de penser. Avec ce paradigme du poids ou du plomb, le mot soumission prend un sens plus évident, plus physique encore. Mais on devra comprendre, dès lors, que le désir contre cela – la survie du désir dans cet espace conçu pour le neutraliser – prend tout son sens à partir du mot soulèvement, et du geste que ce mot suppose », écrit le philosophe. Au fil des salles, de courts textes ciselés et touchants, comme autant de poignards aiguisant l’intelligence, viennent introduire les thèmes développés (éléments, gestes, mots, conflits, désirs). Chacun d’eux célébrant une des définitions, des intentions du soulèvement. Léger, très léger, un sac rouge sur fond de ciel pommelé de nuages blancs ouvre la danse. Cette photo de Dennis Adams, extraite de la série Airborne, est intitulée Patriot. Comme le clame Ai Weiwei : tout est art, tout est politique.

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Medias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article  sur www.artshebdomedias.com

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