A la Maison des Arts de Schaerbeek, découverte d’une réjouissante artiste, Léopoldine Roux, qui a investi les grandes salles avec brio et humour.

Dans un grand cadre ancien trouvé sur place, une série d’anciennes cartes postales – des vues de Bruxelles. Léopoldine Roux y ajoute au vernis à ongles des taches, parfois des petites explosions, parfois une forme géométrique. L’image se transforme. Dans la première salle, des portraits – gravures anciennes, photo noir et blanc – dont les visages sont eux aussi recouverts d’une tache. Ainsi masqués, ils semblent exploser. Il n’y a plus de tête, plus de regard, juste une tache d’une belle couleur : rose vif, bleu, etc.

Sur les panneaux de bois sculptés qui couvrent les murs et la cheminée d’une autre salle sont posées des taches portables, sorte d’expansions saugrenues, rose ou jaune vif et laquées. Le décor aurait-il fondu ? Quelque chose d’improbable sortirait-il de derrière ces boiseries ?

Léopoldine Roux, née à Lyon en 1979, vit et travaille à Bruxelles. Durant ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Rennes puis à La Cambre, elle se découvre un attrait particulier pour le motif de la tache. La tache, boule de couleur qu’on peut déposer sur une image, mais aussi en 3D dans un décor. On trouve cette idée de rehauts absurdes et ludiques chez plusieurs jeunes artistes, comme Laurette Atrux-Tallau, qui vient d’exposer chez Francis Carette, ou Sylvain Ciavaldini qu’on avait pu découvrir à la YIA en avril dernier. Pour ces chineurs – puisque le support est soit une vieille photo soit une gravure ancienne – l’idée est de propulser vers le présent des traces du passé. De faire exploser les frontières du temps qui passe. Et finalement de donner à voir la beauté d’une vieille image en lui offrant un clash très pop art.

L’artiste aime travailler dans l’espace. Celui de la ville ou du décor d’une salle. La tache, cette chose qui ne doit pas avoir de forme définie, elle aime à la sortir du cadre de la toile ou du dessin, à l’exporter, la poser ailleurs. Comme par exemple sur le dessus de la porte du café qui jouxte la Maison des Arts. Dans la pièce centrale, près du piano, une belle série de petits totems multicolores, réalisés à partir des divers contenants qu’elle a utilisés pour peindre. Dans la bibliothèque, deux immenses toiles réalisées au dripping. L’ensemble est vif, cohérent et joyeux. A voir.

Léopoldine Roux
From Brussels with love
Maison des Arts de Schaerbeek
147 chaussée de Haecht
1030 Bruxelles
Jusqu’au 10 décembre
Du mardi au vendredi de 10h à 17h
Samedi de 14h à 18h

Léopoldine Roux

Léopoldine Roux, Raining paint, Maison des Arts de Schaerbeek

Léopoldine Roux

Léopoldine Roux, Postcard 39, Maison des Arts de Schaerbeek

Léopoldine Roux

Léopoldine Roux, Promenades, Maison des Arts de Schaerbeek

Léopoldine Roux

Léopoldine Roux, Mimosa en fleurs, Maison des Arts de Schaerbeek

Léopoldine Roux

Léopoldine Roux, Bubble Effects, Maison des Arts de Schaerbeek

Léopoldine Roux

Léopoldine Roux, Vue de l’exposition From Brussels with Love, Maison des Arts de Schaerbeek

Léopoldine Roux

Léopoldine Roux, Vue de l’exposition From Brussels with Love, Maison des Arts de Schaerbeek

Léopoldine Roux

Léopoldine Roux, Vue de l’exposition From Brussels with Love, Maison des Arts de Schaerbeek

Léopoldine Roux

Léopoldine Roux, Vue de l’exposition From Brussels with Love, Maison des Arts de Schaerbeek

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.