Jeudi passé s’est ouvert à Bruxelles un nouvel événement, le Photo18 Festival, organisé par et chez Hangar H18. Cette première édition se déploie autour du thème du paysage : Loving Earth explore le lien entre l’homme et la terre.

Il n’existait pas d’événement autour de la photographie depuis la disparition de Bruxelles, après deux éditions, de la foire parisienne Photofever. Voici un vide comblé dans l’offre abordant l’art contemporain. Chaque année, au 18 de la place du Châtelain, 18 photographes seront sélectionnés par l’équipe organisatrice. Dans les beaux espaces du Hangar H18, c’est peu dire qu’on se régale. Sur trois étages, les photographies de 18 artistes, toutes sur le thème du paysage.

« Nous présentons 18 artistes, belges et étrangers, explique la directrice artistique du centre d’art. Qui font tous, et parfois sans le savoir, de la photographie dite de landscape. On adore la photo et notre idée était d’organiser un festival ouvert à un large public. On sort du côté feutré des musées et des galeries. J’espère que tous sortiront d’ici transformés par ce qu’ils ont vu. »

Le regard des artistes photographes du XXIe siècle nous offre à voir une planète qui souffre, c’est le moins que l’on puisse dire. Yann Arthus-Bertrand (1946) est l’un des deux doyens de la sélection. Ses clichés ont fait le tour du monde. Il ouvre l’exposition avec des images vues du ciel, très esthétiques. Plus loin, voici Sebastiao Salgado (1944) avec de somptueux paysages en noir et blanc.

Eliseo Miciu (1985) présente l’immensité, sans trace de figure humaine. Ciel et reliefs prennent un aspect presque abstrait. On se sent tout petit. Remarquable Danila Tkachenko (1989) qui recense par ses photographies les vestiges de constructions de l’ancienne URSS. Ou Shunsuke Ohno (1980), qui fait de même pour les barrages au Japon. On y voit, engoncée entre deux collines lumineuses et vibrantes de verdure, une construction humaine de béton et de métal, presque absurde de rigidité.

Pointons Thomas de Wouters (1969), plus connu pour ses reportages sur les migrants. Dans ses vues de paysages, ce sont les traces de l’homme que l’on voit. Benoît Feron (1962), qui lui aussi photographie l’humain, présente des vues aériennes de terres et deltas qui atteignent une abstraction.

Lionel Bayol-Themines (1968) laisse son ordinateur s’emparer des photos qu’il a faites, créer des fragments détachés, fondus, satellisés, qu’il réapplique sur l’image. Ce dernier démontre que la photographie vit sa vie à la frontière avec l’art. Elle est même devenue un des médiums préférés des artistes.

Ici, sur trois étages, entre capture d’un œil engagé – celui du photographe – et réinterprétation de l’image, l’ensemble très cohérent présente 18 facettes, choisies avec soin, de la photographie de paysage actuelle. Une première édition du Photo18 Festival plutôt réussie. Une exposition dont on peut souligner l’accrochage d’une grande fluidité.

Photo18 Festival
Hangar H18
18 place du Châtelain
1050 Bruxelles
Jusqu’au 18 janvier 2017
Du mardi au samedi de 12h à 18h
www.h18.be

Loving earth

Anastasia Samoylova, Volcano, (c) Anastasia Samoylova

Loving earth

Shunsuke Ohno, sans titre, 2009, (c) Sunsuke Ohno

Loving earth

Lionel Bayol-Themines, installation, (c) Lionel Bayol

Loving earth

Danila Tkachenko, Le plus grand sous-marin du monde au diesel, Russie, 2013, (c) Danila Tkachenko

Loving earth

Mark Dof, Path, untitled 26, (c) Mark Dof

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