La Galerie La Forest Divonne lance Project Room #1, un programme dédié aux artistes émergents qui aura lieu deux fois sur l’année. Pour la première édition, ce sont trois jeunes Françaises, Giulia Manset, Cadine Navarro et Pauline Sarrus, dont on peut découvrir les œuvres jusqu’au 19 novembre.

Giulia Manset (Paris, 1986) a voyagé jusqu’au glaciers du Japon, d’Argentine, d’Islande et des Alpes. De ces paysages enneigés, elle a ramené un goût pour la disparition. La neige qui tombe cache petit à petit le sol, les objets et les gens. Dans ce processus d’oblitération, les repères disparaissent. A l’encre blanche, sur des paysages, des personnages, l’artiste pose une myriade de petits points, flocons faisant disparaitre ce qu’il y a à voir dans une texture ouateuse.

Cadine Navarro (1977) est née au Japon et a vécu dans plus de 55 endroits depuis sa naissance. Elle recueille des sons au travers de leur vibration dans l’eau. Le jour du vernissage, elle a demandé à des visiteurs de prononcer dans un micro un mot de leur choix. Le son est envoyé dans un baffle qui est fixé sous une bassine d’eau dans laquelle l’artiste a déposé des gouttes d’encre de Chine à la surface de l’eau. Sur le principe des papiers florentins, une feuille est posée sur la surface de l’eau, recueillant la trace des vibrations, sortes de strates, lignes sinueuses, volutes organiques, représentations visuelles du son. Cadine Navarro les appelle des Language Maps. Ces cartographies délicates offrent à nos yeux ce que nos oreilles ne peuvent plus entendre, puisque le son ne dure qu’un instant alors que l’image reste.

Pauline Sarrus (Londres, 1987) tire des photographies de ciels nuagueux directement sur des briques photosensibilisées, utilisées comme du papier argentique. Les bleus profonds et le blanc des nuages sont imprimés sur la brique ocre. Empilées, les briques forment un mur, grand puzzle, ciel remanié. Le mur n’est plus un mur mais l’espace du ciel, joliment nuageux, léger, ouvert. Un espace vers le rêve. Elle présente aussi un mur d’escalade dont chaque poignée est formée d’un moulage de bas-reliefs de l’Abbaye de Cluny. L’archéologie devient objets usuels. Les objets usuels deviennent marchepieds vers autre chose.

Ces trois artistes ont en commun de ne pas craindre la rêverie et le conte. Le conte de l’esquimau qui fut avalé par le paysage, celui du mot qui devint une image et l’histoire d’un mur qui n’était plus aveugle ! Au-delà du réel, tout est possible, y compris la grâce.

Project Room #1 
Antropologies
Galerie La Forest Divonnes
66 rue de l’Hôtel des Monnaies
1060 Bruxelles
Jusqu’au 19 novembre
Du mardi au samedi de 11h à 19h
http://www.galerielaforestdivonne.fr/

Project Room 1 Antropologies

Pauline Sarrus, A Fresco, 2016, courtesy Galerie La Forest Divonne

Pauline Sarrus, A Fresco (Fragments II à VII), 2016, courtesy Galerie La Forest Divonne

Project Room 1 Antropologies

Giulia Manset, Smith, 2016, courtesy Galerie La Forest Divonne, photo Giulia Manset

Project Room 1 Antropologies

Cadine Navarro, Zaaa Zaaat, 2015, courtesy Galerie La Forest Divonne, photo Cadine Navarro

Project Room 1 Antropologies

Project Room#1 : Anthropologies, vue de l’exposition, Galerie Forest Divonne

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