James Ensor, La danse dans la clairière, huile sur toile, 1913, lot 301, estimation 400-500.000 euros – vente du 25 octobre 2016 chez Bernaerts à Anvers – www.bernaerts.be

Plusieurs œuvres de James Ensor (1860-1949) figurent au sommaire des catalogues des ventes d’octobre à Anvers chez Bernaerts. La plus importante est une huile lumineuse de 1913, typique de l’art du maître où les masques s’invitent dans une fête galante inspirée du XVIIIe siècle et des peintures de Watteau. Cette thématique chère à l’artiste ostendais se retrouve mêlée ici à sa fascination pour le carnaval et les déguisements qui dissimulent les individus et cachent leur hypocrisie et celle de toute la société. Cette Danse dans la clairière peinte en 1913 peut être rattachée à des œuvres antérieures d’Ensor comme le Jardin d’amour (1888 et 1891) ou le Théâtre des masques (1889 et 1908) qui présentent toutes deux le même type de composition dans un lieu dégagé en pleine forêt.

Les arbres entourant la scène fonctionnent comme des baldaquins en dessous desquels évoluent les danseurs. Ils sont entourés par quatre groupes de figures carnavalesques en habits d’époque. Chaque groupe a son caractère. Le premier est dominé par une figure féminine vêtue à la mode gréco-romaine, agitant un éventail en direction des danseurs. Deux hommes coiffés de hauts chapeaux sont postés à sa droite tandis qu’une imposante figure totémique se dresse à l’arrière. On pense immédiatement à L’homme des douleurs d’Ensor (1891), une figure avec laquelle le peintre s’identifie volontiers. Car Ensor dit souffrir en créant, comme il l’a écrit au critique Jules Dujardin : « Pour moi aussi l’art est fille de la douleur et, sauf en de rares instants, j’ai pactisé avec l’amertume et les désillusions ».

Mais c’est davantage au premier plan, dans la figure d’un homme portant un chapeau à larges bords, qu’Ensor semble avoir glissé ses traits… Deux femmes lisant, une figure couchée et un couple complètent ce groupe. Un Pierrot solitaire, une énorme marguerite à bout de bras, s’avance à droite du tableau. Le centre est occupé par un ensemble très théâtral de neuf personnages.

Cette toile qui se décode de proche en proche, un peu à la manière d’un Bosch ou d’un Bruegel, fourmille de personnages plus ou moins fantastiques, plus ou moins imaginaires ou symboliques. Exposée de nombreuses fois de par le monde (dernière exposition en date : été 2016 à Deinze) et dotée d’un beau pedigree, elle est attendue autour des 400-500.000 euros ce 25 octobre, tandis qu’une belle série de dessins aux crayons de couleurs, représentant ses voisins et amis Hansen, est proposée le 27 avec des estimations nettement plus accessibles. Une vente en deux temps.

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James Ensor, La danse dans la clairière, 1913, Bernaerts, Anvers

 

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