Infatigable créateur, penseur et théoricien de l’art, Ben pose sur le monde un regard acéré laissant la part belle à l’humour et à la poésie. Fidèle à l’esprit Fluxus et mû par un besoin vital de ne jamais rien tenir pour acquis, il a fait du doute l’axe moteur d’une démarche prolifique et de son quotidien un territoire d’exploration. Sculptures, peintures, assemblages d’objets, projections de films, documents, textes et installations sont autant d’éléments de son expression artistique. Jusqu’au 15 janvier, le Musée Maillol présente à Paris Tout est art ?, une exposition offrant à la fois une vision rétrospective de son travail des années 1950, 1960 et 1970 – dont le commissariat a été confié à Andres Pardey, vice-directeur du Musée Tinguely de Bâle – et une plongée dans le fourmillement de ses productions les plus récentes. L’artiste niçois est par ailleurs l’invité de la Maison Elsa Triolet-Aragon, à Saint-Arnoult-en-Yvelines (78), jusqu’au 27 novembre. Retour sur un parcours à la fois riche en rencontres et résolument introspectif.

Perchée sur les hauteurs de Nice, au cœur de la colline Saint-Pancrace, la maison de Ben est à l’image de l’homme, tout en espièglerie et générosité. Son écriture familière sillonne la façade aux volets colorés, une multitude de babioles et pièces hétéroclites sont accrochés ou posés ça et là ; sur la terrasse, en contrebas, une armée de bidets semble monter la garde sous le regard placide d’un crocodile rose. « J’ai la maladie de ramasser les objets et je n’aime pas jeter, glisse-t-il dans un sourire. Alors, je les transforme en œuvre d’art. » L’accumulation et le désordre apparent sont trompeurs car, s’il garde tout, Ben est aussi un maniaque du classement ; il a par exemple réuni une somme considérable de documentation concernant les artistes et mouvements qu’il a côtoyé durant sa carrière, devenant de fait un véritable historien de sa génération, pour reprendre l’expression d’Andres Pardey, commissaire de la partie historique de l’exposition actuellement dédiée à l’artiste au Musée Maillol.

Ben est né à Naples en juillet 1935. Il est le fils d’un antiquaire suisse francophone, Max-Ferdinand Vautier, et l’arrière petit-fils d’un peintre de renom, Benjamin Vautier, dont il reçoit le prénom à la naissance – « On l’appelait Ben Vautier the Ancient ! ». Sa mère vient d’une famille occitane – les Giraud – ; dans ses veines coule aussi du sang irlandais. « Mes parents étaient cultivés, mais pratiquaient le gargarisme culturel. Mon père se levait de table si l’on parlait de Picasso, par exemple ; pour lui, la peinture s’arrêtait à Rembrandt ! Du côté de ma mère, l’intolérance était plutôt d’ordre musical : Beethoven était la référence, la musique atonale et celle de Varèse étaient proscrites ! Ils pensaient savoir ce qui était beau ou laid ; moi, je suis tout le contraire, puisque j’ai toujours défendu le nouveau pour le nouveau. » (…)

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Medias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article  sur www.artshebdomedias.com

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Ben, Tracer et signer la ligne d’horizon, (c) Ben, photo DR

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Ben, vue de sa maison, (c) Ben, photo S. Deman

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Ben, vue de l’exposition, Musée Maillol, Paris, 2016, (c) Ben, photo S. Deman

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Ben, vue de l’exposition, Musée Maillol, Paris, 2016, (c) Ben, photo S. Deman

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Ben, vue de l’exposition, Musée Maillol, Paris, 2016, (c) Ben, photo S. Deman

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