Une première à Bruxelles : des bouts de canapé perchés sur des talons aiguilles, des lampadaires dont la tige est hérissée d’épines, un miroir sorcière cerclé de branchages de bronze patiné, une armoire Baguette qui se prend pour un énorme bijou, une console réalisée en dépit de toutes les lois de la statique – d’un empilement de tubes d’inox doré tout comme son homologue Kasimir – est un magistral pied-de-nez en marbre au sacro-saint principe de la symétrie ! Toutes ces créations sont signées Hervé Van der Straeten, le designer français qui a dessiné le flacon J’adore de Dior ou le rouge à lèvres Kiss Kiss pour Guerlain et dont deux pièces ont déjà intégré les collections du Musée des Arts décoratifs de Paris. C’est dire l’importance de Profusion, la première exposition de taille organisée par la galerie Flore à Bruxelles sur cet artiste d’exception.

Pénétrer aujourd’hui dans le Hangar H18 investi par les Parisiens, c’est entrer dans l’univers multiple et singulier du designer qui a pu y écrire une histoire « comme sur une page blanche », explique-t-il. Le grand espace neutre et lumineux du Hangar – qui n’en est plus un – a engendré une mise en scène quasi naturelle d’une quarantaine d’éditions en séries limitées parmi les créations d’Hervé Van der Straeten. Récentes ou déjà plus anciennes, elles ont été sélectionnées par Flore de Brantes comme autant de notes d’une composition variée mêlant meubles, luminaires et miroirs, comme dans un arrangement musical.

« Les contrastes et les complémentarités entre les pièces et les matières sont importants ; on y voit des éléments massifs et d’autres très fins ; des matières lisses et brillantes, d’autres mates ou rugueuses, des inspirations plutôt organiques et d’autres plus géométriques, plus constructives. Les thèmes se complètent, s’imbriquent ou s’opposent », note l’homme tout en vérifiant méticuleusement l’éclat de toutes les pièces où les laques, les miroirs et les inox polis sont présents. Les matières et l’art de les travailler participent au raffinement de cette œuvre quasi intemporelle. Elle tient tant des grands ébénistes des XVIIe et XVIIIe siècles français que de l’art contemporain et des arts décoratifs. Ses inspirations viennent autant du monde de l’art que de celui de la nature.

Le designer se dit avant tout « constructeur » dans une démarche qui part du dessin à main levée et au crayon pour capter le volume et le graphisme qu’il pensera ensuite en termes de matières et de mise en œuvre. C’est à ce moment qu’il passera la main à l’informatique, à son équipe et à ses propres ateliers parisiens de bronze et d’ébénisterie, d’où sortent ses pièces en séries limitées et parfois même uniques. L’homme ne se cantonne pas pour autant à ces seules matières, ses pièces arborent également le parchemin, le bois fossilisé, l’inox, la fibre de verre, les matériaux composites, la pierre, le plexi, le cristal de roche ou le verre coloré. Sa liberté de ton lui donne quartier libre et il ne semble jamais à court de projets ni de développements. Rappelons qu’en 1985, Hervé Vander Straeten a commencé par des bijoux…

Hervé Van der Straeten
Profusion
Hangar H18 – Openspace
18 place du Châtelain
1050 Bruxelles
Jusqu’au 7 octobre
Du mardi au samedi de 12h à 18h
www.h18.be/www.galerieflore.com

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Hervé Van der Straeten, Lustre Micmac, Hangar H18, Bruxelles, Galerie Flore

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Hervé Van der Straeten, Miroir Lollypop, Hangar H18, Bruxelles, Galerie Flore

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Hervé Van der Straeten, Table Interférence, Hangar H18, Bruxelles, Galerie Flore

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Hervé Van der Straeten, Table Perturbation, Hangar H18, Bruxelles, Galerie Flore

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Hervé Van der Straeten, Console Cristalloïde, Hangar H18, Bruxelles, Galerie Flore

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Hervé Van der Straeten, Console Piercing, Hangar H18, Bruxelles, Galerie Flore

A propos de l'auteur

Laure Eggericx

Chroniqueuse et journaliste"Historienne de l’art et plasticienne, j’alterne depuis des années la plume et le pinceau pour assouvir et communiquer ma passion de l’art, du patrimoine et de l’architecture. Journaliste pour différents quotidiens (Le Soir, La Libre ...) et magazines (Villas, Les Nouvelles du Patrimoine...), j’ai collaboré à de nombreux ouvrages et expositions concernant aussi bien artistes et artisans qu’architectes contemporains, sites historiques ou balades touristiques. Le marché de l’art est la plus récente corde à mon violon."Laure Eggericx est licenciée en histoire de l’art et archéologie (ULB), graduée en architecture d’intérieur (Saint-Luc-Essai) et diplômée en recherches graphiques et picturales (Académie JJ Gaillard).

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