Jean-François De Witte (Courtrai, 1952) est photographe. Connu pour ses travaux pour la pub, il traque aussi les bunkers. Il aime ceux qui sont en ruine ou effondrés, sans tags et sans végétation… C’est une suite de portraits en noir et blanc de ces vieux pachydermes d’un monde disparu qu’il présente aujourd’hui au Salon d’Art

Le mur de l’Atlantique (Atlantikwall en allemand) était un système extensif de fortifications côtières, construit par le IIIe Reich pendant la Seconde Guerre mondiale le long de la côte occidentale de l’Europe et destiné à empêcher une invasion du continent par les Alliés depuis la Grande-Bretagne. Faite de bunkers en béton et d’un ensemble de barrières en fil barbelé, cette installation qui allait de l’Espagne jusqu’à la Norvège dut être démontée et déminée longuement après-guerre.

Il reste sur les plages quantité de bunkers plus ou moins en bon état. Les responsables locaux n’aiment pas ces vestiges du passé. Ils sont dangereux, et les promeneurs qui les visitent y prennent des risques. Monolithes brisés, vestiges d’un monde guerrier, ils penchent un peu, voire s’effritent ou s’effondrent complètement. Sous leur volume encore massif, le sable mouvant. Au-dessus de leur forme rectiligne, le ciel et quelques nuages, changeants. Jean-François De Witte les cherche et, s’ils lui plaisent, leur tire le portrait. Et, ce faisant, il effectue un recensement.

Cicatrices sur le blond des plages, face à la mer, sous l’œil de De Witte, ces bunkers prennent soudain l’aspect de temples d’une civilisation disparue, traces mystérieuses et hors du temps. On les reconnait et pourtant ils exsudent une beauté étrange. Celle du drame et celle de la fin d’une histoire. Le bunker est devenu monument. Les gris et les noirs – en une palette soyeuse – déploient une atmosphère tragique. Le ciel, ouvert, le sable, qui forme l’horizon, et cette masse de béton texturée, marquée, volume presque pictural qui envahit le centre de l’image. De Witte choisit son angle, cadre pour faire de chaque image une composition presque abstraite et picturale. Et soudain, par la grâce de la composition, surgit le beau.

Jean-François De Witte
Monolithes
Le Salon d’Art
81 rue Hôtel des Monnaies
1060 Bruxelles
Jusqu’au 15 octobre
Du mardi au vendredi de 14h à 18h30, samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 18h
http://lesalondart.skynetblogs.be/

De Witte

Jean-François De Witte, St Valery-sur-Somme, Le Salon d’Art

De Witte

Jean-François De Witte, Sangate, Le Salon d’Art

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Jean-François De Witte, Sainte-Marguerite, Le Salon d’Art

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Jean-François De Witte, Neuville, Le Salon d’Art

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Jean-François De Witte, Bunker, Le Salon d’Art

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Jean-François De Witte, Benerville, Le Salon d’Art

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Jean-François De Witte, Benerville, Le Salon d’Art

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