Depuis jeudi, au Sablon, au fil de plus d’une soixantaine de tableaux, dessins et estampes, trois lieux donnent à voir l’œuvre de Henri Evenepoel et attirent nos regards sur la modernité éclatante de ce peintre belge mort à l’âge de 27 ans.

Sur un sujet où l’on attendait plutôt un grand musée pour nous régaler sur cet artiste, c’est l’Association du Patrimoine Artistique qui s’est chargée de rassembler des œuvres d’Evenepoel (1872-1899) dont la dernière rétrospective remontait à vingt-deux ans. Alors que beaucoup de ses œuvres figurent dans les collections des musées (16 aux MRBA), on connaît moins les œuvres de lui conservées dans les collections privées. Avec conviction et rassemblant toutes les bonnes volontés, Dominique Vautier en a réuni une cinquantaine dans les locaux de l’association et a convaincu la Galerie Gillis d’en abriter au même moment une quinzaine d’autres, de format plus important, tandis que la Galerie t’Kint a elle-même rassemblé des œuvres en possession de ses collectionneurs.

La redécouverte de cet artiste étonnant qui se forma dans l’atelier de Gustave Moreau et y côtoya Matisse et Rouault se fera donc assortie d’une promenade dans le quartier du Sablon (du 16 septembre au 29 octobre). Approché pour réaliser un accrochage qui eût complété cette promenade, le personnel des MRBA s’est trouvé trop absorbé par ses querelles pour sortir des réserves les tableaux qui ne sont pas exposés dans ses salles. Dommage. Passant au-dessus des rivalités qui caractérisent généralement les historiens de l’art, Dominique Vautier est entrée en contact avec l’écrivain et journaliste Eric Min qui concevait un livre sur l’artiste, alors qu’elle menait l’enquête pour retrouver les œuvres. Elle lui a fait partager ses découvertes, le nourrissant d’informations pour sa volumineuse et très complète monographie (publiée en juin dernier en néerlandais). Elle sera diffusée à l’occasion de l’exposition, à côté d’un petit essai en français que Dominique Vautier a conçu en interprétant la correspondance de l’artiste. Il retrace le drame et les conflits familiaux qui ont durement marqué la courte vie de cet artiste, et affaibli sa santé, justifiant le titre de cette exposition.

Des chefs-d’œuvre

Parmi les œuvres montrées, nous aurons le privilège d’avoir plusieurs chefs-d’œuvre très rarement exposés. De belles Vues de Paris et d’autres issues du voyage en Algérie dont la renommée La fête nègre à Blidah – le pendant de l’Annonce de la fête nègre des MRBA – et une importante série de portraits dont celui de La petite Henriette en pied et le portrait de sa compagne Louise intitulé Dans l’atelier ou la tasse de thé

L’exposition  démontre la modernité éclatante de ce peintre, encore si jeune, chez qui l’on décèle les subtiles influences d’un contexte artistique parisien, alors très riche. Pour mieux connaître l’ensemble de l’œuvre, un diaporama sera présenté à l’Association du Patrimoine artistique, il permettra de voir les tableaux de l’artiste conservés dans les musées mais aussi ses photographies, mises en parallèle avec ses peintures.

Henri Evenepoel
Un destin brisé
Association du Patrimoine artistique
7 rue Charles Hanssens
1000 Bruxelles
&
Galerie Eric Gillis Fine Art
14 rue aux Laines
1000 Bruxelles
Jusqu’au 29 octobre
Les jeudis, vendredis et samedis de 14h à 18h

Galerie Harold t’Kint de Roodenbeke
31 rue Ernest Allard
1000 Bruxelles
Uniquement jusqu’au 17 septembre

evenepoel

Henri Evenepoel, Mi-carême, collection privée

evenepoel

Henri Evenepoel, Maison arabe, collection privée

evenepoel

Henri Evenepoel, Algérie, collection privée

evenepoel

Henri Evenepoel, Femme au chapeau, Collection du sénat de Belgique

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.