Considéré en Italie comme l’un des chefs de file du retour à la figuration, Francesco Clemente (Naples, 1952) abandonne ses études d’architecte pour se concentrer sur la peinture et le dessin. Alors qu’il est étudiant à Rome, il  fait la connaissance de Cy Twombly et Alighiero Boetti qui seront pour lui des influences déterminantes. Suivent alors dans les années 1970 une série de voyages où il puise une grande inspiration, aussi bien artistique que spirituelle. Au début des années 1980, il s’installe à New York.

Aujourd’hui il expose à la Jablonka Maruani Mercier Gallery, qui déménage de la rue de la Régence vers le 430 avenue Louise. L’axe Louise semble être l’ultime place to be pour les galeries d’art contemporain. Et le tram 93 aussi !

Voici d’abord une série de six portraits de six générations de top models commandée par Harper’s Bazar et qui fit l’objet d’une publication dans le magazine en avril. Montrés pour la première fois en galerie, ces portraits présentent, sur un aplat de couleur vive, la silhouette d’une femme richement habillée. Loin de New York, peu nous importe de pouvoir reconnaître Christy Turlington, Linda Evangelista, Lauren Hutton ou d’autres. Mais leur posture et leurs vêtements sont complètement dans la tradition du portrait bourgeois. Dans 100 ans, on les regardera avec un intérêt pour leur robe bariolée, leur coiffure, leur pose. Leurs grands yeux tristes, le sérieux de leur visage un peu figé, la palette riche et vive, le style presque expressionniste rendent chaque portrait incandescent. S’y dit une forte présence, une femme bien plantée, à la colonne vertébrale solide, bien plus que le portrait d’une époque.

A voir aussi, 12 aquarelles pour 12 postures du Kamasutra, aussi érotiques que les aquarelles de Rodin et aussi violentes et puissantes que les encres de Louise Bourgeois traçant des corps ronds et déformés à l’encre rouge sur le papier. Pour Francesco Clemente, le corps est comme un paysage. Ses contours touchent les bords du papier, envahissant tout. Les seins sont d’immenses collines, il n’y a pas de visage et parfois une fleur de lotus pousse sur le bas du ventre. Le corps et surtout celui de la femme reste le sujet central de cet artiste. Il s’en empare, le plie, le tord et lui fait vivre toute une série d’aventures oniriques.

Francesco Clemente
Jablonka Maruani Mercier Gallery
430 avenue Louise
1000 Bruxelles
Jusqu’au 20 octobre
Du lundi au samedi de 11h à 18h
http://jmmgallery.com/

Francesco Clemente

Francesco Clemente, Portrait de Lydia Kebede, Jablonka Maruani Mercier Gallery

Francesco Clemente

Francesco Clemente, Portrait d’Iman, Jablonka Maruani Mercier Gallery

Francesco Clemente

Francesco Clemente, Portrait d’Anne Ewers, Jablonka Maruani Mercier Gallery

Francesco Clemente

Francesco Clemente, To be titled (Fertility #02), Jablonka Maruani Mercier Gallery

Francesco Clemente

Francesco Clemente, To be titled (Fertility #01), Jablonka Maruani Mercier Gallery

Francesco Clemente

Francesco Clemente, Making love in a fleeting world 2, Jablonka Maruani Mercier Gallery

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