Fabrice Samyn a choisi comme titre de sa cinquième exposition personnelle, Solipsism, une posture philosophique d’après laquelle il n’y aurait pour le sujet pensant d’autre réalité acquise avec certitude que lui-même. « La seule chose que je sais réelle avec certitude, c’est moi », disent les œuvres de l’artiste belge, un des talentueux poulains de l’écurie Meessen De Clercq.

Né en 1981, Fabrice Samyn propose des œuvres dont la forme demande toujours à être traversée, dépassée. Ici, il place le visiteur dans une situation paradoxale où il n’établit plus de distinction entre ce qui perçoit et ce qui est perçu, entre ce qui protège et ce qui endommage, entre ce qui donne forme et ce qui est absent. La seule certitude devient le moi : solipsisme. Sa série Le crépuscule des idoles est un travail autour d’un des quatre éléments fondamentaux : le feu. Tel Yves Klein dans ses Fire Color Painting, Alberto Burry et ses toiles perforées ou encore Otto Piene, Cai Guo-Quian et Anselm Kiefer qui firent du feu un instrument de beauté et de renaissance, Samyn utilise le feu rédempteur.

Burning is shining est une réflexion autour du pouvoir des icônes depuis un millénaire. Tandis que les vierges calcinées de Black is Virgin réfèrent au culte de la fertilité, le feu qui purifie et rend les terres à nouveau cultivables. La série Psyché, ensemble des manifestations conscientes et inconscientes en psychologie, mais aussi l’âme, le souffle en grec ancien, ou encore la psyché, grand miroir mobile : toutes ces significations évoluent autour du temps qui passe, de la subjectivité, du moi (solipsisme). Un gisant en verre argenté, spectaculaire, donne corps à toutes ces notions. Death is an image rappelle Blanche Neige, le conte des Frères Grimm : la mort n’est qu’un passage, elle n’existe pas…

Autres émanations physiques du temps, The Color of time montre les douze heures du jour à travers autant de globes en verre colorés de l’aurore au crépuscule. Evocation céleste, cette œuvre questionne dans un dégradé subtil la plénitude du vide et la vacuité du plein sous l’œil solaire d’une aquarelle lui faisant face. Dernière étape à ce voyage à la fois sensuel et sacré, une performance de l’artiste qui sculpta le visage d’une femme en le touchant à travers un rideau, sans le voir. Cette sculpture à l’aveugle est celle du visage d’une femme non voyante… Regard intérieur partagé, au-delà du miroir, derrière le rideau des apparences. A voir jusqu’au 15 octobre.

Fabrice Samyn
Solipsism
Galerie Meessen De Clercq
2A rue de l’Abbaye
1000 Bruxelles
Jusqu’au 15 octobre
Du mardi au samedi de 11h à 18h
www.meesendeclercq.com

Fabrice Samyn

Fabrice Samyn, Black is virgin, courtesy Meessen De Clercq Gallery

Fabrice Samyn

Fabrice Samyn, The color of time, courtesy Meessen De Clercq Gallery

Fabrice Samyn

Fabrice Samyn, Burning is shining, courtesy Meessen De Clercq Gallery

Fabrice Samyn

Fabrice Samyn, Death is an image, courtesy Meessen De Clercq Gallery

A propos de l'auteur

Aurore t’Kint

Journalist "I’ve always been attracted to art, through literature and my travels. What amazes me, time and time again, is what mankind undertakes to leave an indelible trace for our future generations – out of love, out of need or out of craziness." Holder of a master’s degree in Philosophy (ULB), a degree from CREPAC/IFPME and a master’s degree in bioethics, Aurore t'Kint has been working in the world of press and publishing for 15 years now. She writes for many art columns and was an economic journalist and chief editor for Skynet Magazine.

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