James Ensor (1860-1949), La Belgique au XIXe siècle, gravure, 1889, 37 x 50 cm, estimation £30,000-50,000, lot 29 de la vente Prints & Multiples du 27 septembre 2016 chez Sotheby’s à Londres – www.sothebys.com

Cette œuvre sur papier d’Ensor, l’un des plus grands artistes belges, mise en vente fin septembre à Londres, sera visible chez Sotheby’s à Bruxelles les 8 et 9 septembre prochains dans la foulée des grands événements de la rentrée que sont les Brussels Gallery Weekend et Art on Paper. L’antenne bruxelloise de la maison de ventes internationale organise pour l’occasion une exposition publique autour de l’art belge avec des artistes comme Delvaux, Broodthaers, Magritte ou Ensor, avec La Belgique au XIXe siècle, une estampe de toute première importance. Elle constitue avec L’Alimentation doctrinaire, les deux lots phares d’une collection privée de 129 gravures de cet artiste tout aussi génial que visionnaire. Peintre hors pair, il est graveur et là aussi son art s’impose à côté des plus grands. Il y pratique également plusieurs styles et quantité de techniques comme en témoigne cette collection fameuse donnant un large aperçu du travail graphique d’Ensor. Une aubaine pour les amateurs qui pourront savourer ces instants précieux, car c’est la toute première fois que certaines œuvres sortent sur le marché et sont présentées au public.

Dans sa vision de La Belgique au XIXe siècle, Ensor montre sa face sarcastique et insolente avec un roi en gloire, comme nimbé de lumière alors qu’il semble en réalité pris dans une spirale de corde ! En bas, déferlant vers le spectateur, une foule composée des forces de l’ordre réprimant des manifestants brandissant un calicot. Ceux-ci sont grotesques, volontiers déformés alors que le semblant de Christ (Léopold II) affiche son incompréhension par ces vers « Que voulez-vous ? Vous n’êtes pas contents Un peu de patience pas de violence Je vois bien quelque chose mais je ne sais pour quelle cause je ne distingue pas très bien ». La pancarte brandie par le peuple est cependant des plus explicites : « Service personnel, Instruction obligatoire, Suffrage universel ». Témoignage typiquement ensorien de cette époque de grèves, de révoltes et d’agitation de la classe ouvrière, cette estampe date de 1889. L’année d’une certaine Entrée du Christ à Bruxelles (dont il existe une version dans la collection, lot 72) et des premiers balbutiements d’une législation sociale avec le 9 août une loi contre les taudis et le 13 décembre une loi interdisant le travail de nuit.

Ensor

James Ensor, La Belgique au XIXe siècle, 1889, (c) Sotheby’s

A propos de l'auteur

Laure Eggericx

Chroniqueuse et journaliste"Historienne de l’art et plasticienne, j’alterne depuis des années la plume et le pinceau pour assouvir et communiquer ma passion de l’art, du patrimoine et de l’architecture. Journaliste pour différents quotidiens (Le Soir, La Libre ...) et magazines (Villas, Les Nouvelles du Patrimoine...), j’ai collaboré à de nombreux ouvrages et expositions concernant aussi bien artistes et artisans qu’architectes contemporains, sites historiques ou balades touristiques. Le marché de l’art est la plus récente corde à mon violon."Laure Eggericx est licenciée en histoire de l’art et archéologie (ULB), graduée en architecture d’intérieur (Saint-Luc-Essai) et diplômée en recherches graphiques et picturales (Académie JJ Gaillard).

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