La parcomanie ou manie des parcs est une passion rare et chère. La Bundeskunsthalle à Bonn révèle un adepte brillant du début du XIXe siècle. Il s’agit d’un aristocrate prussien, von Pückler-Muskau, qui participa à la campagne contre Napoléon en 1813-1814. Et qui devint ainsi gouverneur militaire de Bruges, avant de se rendre en Angleterre pour y étudier le jardin anglais.

Le prince Hermann von Pückler-Muskau (1785-1871) possédait des domaines dans l’Est de l’Allemagne, dont certaines parties se situent actuellement en Pologne. Il était cultivé, connaissait Goethe, Heine, etc. Il fit de grands voyages en Egypte et au Moyen-Orient, et il en publia des récits avec succès. Son épouse, née comtesse von Hardenberg, était très riche… Il réussit évidemment à dépenser toute sa fortune.

Hermann von Pückler-Muskau pouvait donc vivre sa passion sans frein. Et il voyait grand. Il réalisa trois parcs, dont le plus grand avait la superficie de ce qui reste aujourd’hui de la forêt de Soignes, près de Bruxelles ! Pour lui, un jardin n’était pas un dessin meublé avec des plantations comme à la française. Il pensait en paysage et perspective, le visible et le caché, le repos et la surprise. Et des cours d’eau. Tout cela pour anoblir le paysage et créer un monde meilleur.

Il était ouvert aux technologies nouvelles. Comme, dans sa vision du paysage, il aimait déplacer des arbres, il fit créer un char à arbres pour chevaux afin d’en planter ou en déplacer. En 1833, il reçut  la commande du couple princier héritier de Prusse, Wilhelm et Augusta, d’un parc à Babelsberg, sur un terrain sablonneux. Il n’hésita pas à faire appel à la dernière technique de pointe – les pompes à vapeur – pour créer un courant d’eau et des étangs.

Il dû vendre son projet le plus cher, Bad-Muskau, à cause des coûts exorbitants. C’est un prince, Frederik des Pays-Bas, frère du roi Guillaume II, qui acheta le domaine. Frederik a passé son enfance à Bruxelles, dans l’actuel Palais des Académies, et il a dû jouer dans le parc royal et la forêt de Soignes, toute proche.

Cette exposition révèle ainsi des aspects de la vie de la haute aristocratie européenne et d’une nouvelle approche de la nature. Des parties de jardins pensés par Pückler-Muskau ont été reconstituées sur le toit du Kunsthalle. Instructif !

Parkomanie
Bundeskunsthalle
Bonn
Jusqu’au 18 septembre
www.bundeskunsthalle.de

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Hermann Prince von Pückler-Muskau, lithographie extraite de 
 »Remarks on Landscape Gardening », 1834, (c) Fondation Fürst-Pückler-Park Bad Muskau

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Hermann Prince von Pückler-Muskau, Remarks on Landscape Gardening, 1834, (c) Fondation Fürst-Pückler-Park Bad Muskau

 

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Franz Krüger Hermann, Prince Pückler-Muskau, in Prussian Uniform, 184, courtesy Hermann, Count Pückler, Munich, (c) Hermann Graf Pückler, München/Branitz

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La chambre de Puckler à Schloss Muskau, 1832, lithographie, (c) Fondation Fürst-Pückler-Museum Park und Schloss Branitz

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La pyramide sur le lac, à Branitz, photo K. Weber, 2015

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Branitz, vue du château à partir du tumulus, 2015, (c) Stefan Petschinka, Köln

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