Trois villas de type Art nouveau, datant de 1894, entièrement rénovées et restaurées : il s’agit du Centre Belle Époque de Blankenberge. Le musée se veut témoin d’une période étendue de 1870 à 1914, cet âge d’or où les bourgeois se doraient la pilule au littoral.

D’abord un modeste village de pêche, Blankenberge fut il y a 120 ans une station balnéaire luxueuse. De riches familles y passaient quelques mois par an pour se pavaner autant que profiter du bon air de la mer. Aujourd’hui, il suffit de s’éloigner à quelques ruelles de la plage pour trouver l’église Saint-Roch, entourée de maisons typiques de la Belle Époque. Dans cette impasse résidentielle, trois villas se distinguent, elles regroupent le Centre Belle Époque de Blankenberge inauguré en 2008, seul en son genre sur la côte belge. Le quartier, jusque là tombé en ruines, revit peu à peu depuis l’ouverture du centre dont la façade est un bijou d’Art nouveau. Aujourd’hui encore, la Belle Époque fascine. Cette période qui précède les plus grands malheurs du XXe siècle renvoie à une époque dorée que l’Europe a tenté de reconstruire dans les années 1950. Elle évoque une atmosphère de rêverie et d’art dans laquelle on se plonge avec une pointe de nostalgie mêlée à une curiosité pour un temps révolu.

 Visite imaginaire

La visite commence sur le toit et par une surprise. La terrasse du Centre Belle Époque est cernée d’un banc de mosaïques récupérées de villas historiques essaimées. Ce banc s’inspire du Parc Güell d’Antoni Gaudì à Barcelone. D’authentiques carrelages ornent le sol et font de ce lieu une référence mondiale en la matière. Aussi, comme un totem, trône un muret bâti de vitraux originaux de villas de Blankenberge. Pour descendre au dernier étage, il faut emprunter un escalier singulier, expressément irrégulier pour imiter l’intérieur d’un bateau. Entre modernité et histoire, déjà, le centre vaut le coup d’œil.

Au deuxième étage, des installations interactives permanentes vous plongent dans l’ambiance de l’époque. C’est assez bien réalisé et pour tous les âges. Pour passer au premier étage, on prend la peine encore une fois d’observer l’environnement : vitraux, carrelages et plancher d’origine complètement restauré. On y croise une affiche du programme estival de 1896. On s’y croirait. Au rez-de-chaussée, une pièce a été entièrement rénovée et reconstituée à l’image de l’époque : tapisserie de brocards fleuris (Zuber), mobilier Thonet, parquet massif, ornements en trompe-l’oeil, objets Art nouveau, toiles authentiques, boiseries et décor à la feuille d’or. On y fait l’expérience du luxe et de la beauté d’une loggia, ce petit balcon à l’avant des maisons où le bourgeois s’installait dans son plus bel apparat pour voir et être vu. On y déposait un ananas frais, loué pour quelques heures, afin de prouver aux passants la richesse de la famille.

Enfin, au sous-sol, l’espace est consacré aux expositions temporaires. En ce moment, découvrez la Mode à la Belle Époque avec des tenues, accessoires et parfums authentiques. Beaucoup de pièces inédites voire très rares sont à découvrir grâce à la collaboration entre plusieurs musées nationaux et étrangers et surtout l’apport de collectionneurs privés.

Les métamorphoses de Blankenberge

Outre l’intérêt architectural indéniable du lieu, on comprend mieux grâce à lui l’histoire de Blankenberge et ses métamorphoses. Si la ville a une image de plage populaire aujourd’hui, elle était au XIXe un modeste village de pêcheurs devenue l’une des stations balnéaires les plus chics d’Europe de l’Ouest lors des dernières décennies de ce siècle. Aujourd’hui, Blankenberge compte encore une centaine de maisons classées datant de 1870-1914. Dans la ville existe d’ailleurs une balade fléchée Art nouveau. Dans le quartier du Centre Belle Epoque, encore quelques villas sont en ruines et côtoient des bâtiments modernes peu flatteurs.

Mais depuis l’inauguration du lieu, la situation s’est améliorée et le quartier semble se dynamiser. À ce titre, le Centre se mobilise pour sauver le patrimoine Belle Époque en coopérant souvent avec les candidats acheteurs – en cherchant des subsides notamment – et ainsi regrouper les forces pour sauver le patrimoine Belle Époque. L’enthousiasme semble partagé car le musée s’est petit à petit affirmé dans le paysage du littoral et pour son plus grand plaisir, les habitants de la région viennent désormais y confier des pièces personnelles rares.

Belle Epoque Centrum Blankenberge
24 Elisabethstraat
8370 Blankenberge
Du mardi au dimanche de 14h à 17h (18h en juillet-août)
www.belle.epoque.blankenberge.be

 

Blankenberge

Centre Belle Epoque, Blankenberge, façade

Blankenberge

Centre Belle Epoque, Blankenberge, reconstitution du rez-de-chaussée

Centre Belle Epoque, Blankenberge, Installations permanentes interactives

Centre Belle Epoque, Blankenberge, Installations permanentes interactives

Blankenberge

Centre Belle Epoque, Blankenberge, détail de l’exposition « Mode à la Belle Epoque »

Blankenberge

Centre Belle Epoque, Blankenberge, détail de l’exposition « Mode à la Belle Epoque »

Blankenberge

Centre Belle Epoque, Blankenberge, la terrasse

 

 

 

 

 

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