Grille de traits, régulière ; champ de signes superposés, strié de fins espaces laissés blancs ; hachures virevoltantes à l’encre de Chine ; bouquets serrés de marques au crayon de couleur ; écritures ou portées musicales… Les œuvres d’André Lambotte produisent des zones de vibration, d’impulsion, des surfaces chantantes, emplies de pépiements, de sons qui creusent la surface du papier.

En patientes et multiples couches, éclats de couleur et de noir d’encre ébauchent des compositions abstraites dans lesquelles l’œil s’enfonce. Le rythme, la répétition, le presque rien, l’air de rien, tout cela mis ensemble crée sur de petits ou grands formats carrés – papiers précieux – quelque chose de délicat et vigoureux. Certains dessins prennent un mois à naître sous le coup de crayon de l’artiste penché comme un moine copiste sur le papier.

André Lambotte est né à Namur en 1943. Depuis 1972, il dessine des signes qu’il nomme Anthropographies, une sorte d’écriture aux formes vaguement anthropomorphes, qui va petit à petit se dégager de la figuration. Il fréquente assidûment Dotremont, autre chantre du dessin écriture. Engagé en 1966 comme bibliothécaire à la Maison de la culture de Namur, il finira directeur du Service de la Culture de la Province de Namur. Ce parcours d’éminence culturelle s’est couplé avec une activité de plasticien. Depuis plus de 40 ans, Lambotte dessine donc sans relâche ces signes répétés, envolées rythmées, légères et précises. Comme le disait quelqu’un au vernissage de son exposition à la galerie Faider : « S’il avait été Américain et n’avait fait que dessiner, aujourd’hui, il serait une star du marché international ! »

Les dessins à voir à la galerie Faider sont un enchantement. Pourquoi ? C’est toujours difficile à expliquer, un dessin qui fonctionne. Est-ce la cohérence de la série, est-ce la densité de chacun d’eux ? Est-ce l’intense concentration qui a prévalu à la production de chaque œuvre ? Est-ce leur aspect hors du temps ? Sans doute un peu de tous ces éléments, avec une part de magie, deux traits d’équilibre fragile et beaucoup de talent. Une très belle exposition.

André Lambotte
Galerie Faider
12 rue Faider
1060 Bruxelles
Jusqu’au 9 juillet
Du mercredi au samedi de 14h à 18h
www.galeriefaider.be

André Lambotte

André Lambotte, La part des anges – Mudai, détail, 2016, crayons de couleur sur Velin d’Arches

André Lambotte

André Lambotte, La part des anges E, 2015, crayons de couleur sur Velin d’Arches

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André Lambotte, La part des anges – Stries – Jade Visions, 2013, encre de Chine et crayons de couleur sur Velin d’Arches

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André Lambotte, La part des anges 5 – Stries, 2012, encre de Chine et crayons de couleur sur Velin d’Arches

André Lambotte

André Lambotte, La part des anges 5, 2014, crayons de couleur sur Velin d’Arches

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André Lambotte, La part des anges – Mudai, 2016, crayons de couleur sur Velin d’Arches

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