C’est une première pour la représentation belge du prestigieux hôtel viennois : une exposition sans aucun lien avec ses ventes publiques. Cette exposition tourne autour de l’abstraction avec un point focal sur la Belgique et ses artistes abstraits ou en voie vers l’abstraction.

L’accrochage, orchestré en partenariat avec la galerie anversoise Jessy et Ronny Van de Velde, met en exergue la diversité d’un parcours qui va De la nature à l’abstraction. Ce chemin qui court du début du XXe siècle aux ultimes développements de La fin de l’art qui empiètent sur le XXIe siècle, est balisé de 29 œuvres. Peintures, sculptures et œuvres sur papier côtoient des œuvres entre-deux comme les Antipeintures que Vic Gentils réalisa avec des éléments de bois détournés, réassemblés et brûlés ; les pliages de Willy De Sauter ou les Photogrammes de Serge Vandercam. La palette est diversifiée – de Servranckx à Marthe Wéry en passant par Jean-Jacques Gaillard – et recontextualisée grâce à quelques œuvres extra-belges. C’est ainsi qu’on pourra voir le relief de L’homme-oiseau de Hans Arp, Torre Pelice, une gouache de Richard Long, ou Parallel Malaktion mit Cimpanseen, une œuvre sur papier d’Arnulf Rainer.

Cette petite exposition accessible au public jusqu’au 8 juillet permet de revisiter l’éclosion et l’affirmation de l’abstraction dans notre pays avec de grands artistes comme Delahaut, Servranckx ou Oscar Jespers avec son Oiseau de bois (1927), tellement épuré et synthétique qu’un rapprochement avec le célèbre Oiseau dans l’espace de Brancusi est inévitable. Son Oisillon de la même année, mais en céramique, témoigne d’une même approche essentielle du volatile. Présenté verticalement, il a le bec posé dans l’axe du poitrail réduit à sa plus simple expression. La tête est à peine suggérée, le plumage est absent, le corps lisse et poli, seul l’œil veille dans une symétrie parfaite. Sa Frieda, un magnifique plâtre peint en noir datant de 1919 montre davantage l’ancrage expressionniste de l’artiste fortement influencé par l’art africain.

Pour se replonger dans le chemin vers abstraction, on s’arrêtera à la Nature peinte en 1919 de Felix De Boeck et plus franchement aux Opus de Servranckx, aux reliefs géométriques de Jo Delahaut Rose-vert (1967) ou au minimalisme des œuvres de Marthe Wéry ou de Dan Van Severen. A voir comme un coup de pouce aux artistes de notre pays, souvent méconnus sur le marché international. Telle est en tout cas l’optique du Dorotheum, avec un Magritte en prime !

De la nature à l’abstraction
Dorotheum Bruxelles
13 rue aux Laines
1000 Bruxelles
Jusqu’au 8 juillet
Du lundi au vendredi de 9h à 17h
www.dorotheum.com

Jo Delahaut

Jo Delahaut, Rose-vert, panneaux laqués, 1967, (c) 2016 Galerie Van de Velde, Knokke-Anvers, Dorotheum Bruxelles

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